2,5% des émissions totales de CO2 en France, c’est le pourcentage associé à la pollution numérique selon les chiffres de l’ADEME. Cela équivaut quand même à la circulation de 13 millions de voitures ! Et ce chiffre pourrait doubler d’ici 2035 si rien n’est fait pour changer nos habitudes, à la maison ou dans nos entreprises. Heureusement, pour limiter ce type de pollution, nombre « d’éco-gestes » peuvent être adoptés ; voici quelques actes de sobriété numérique dont vous pourrez bientôt vous prévaloir auprès de votre entourage… 

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Être sobre n’est pas qu’une question d’alcool ! 

La sobriété numérique est une démarche qui vise à réduire l’impact environnemental et l’empreinte carbone du secteur du numérique, notamment en matière de consommation énergétique. C’est, entre autres, à Frédéric Bordage, apôtre reconnu du « Green IT » que l’on doit cette idée de modération de nos usages digitaux. Comme souvent, passer du concept à la réalité n’en reste pas moins délicat alors, par quoi commencer… ?

Le petit mot de Frédéric Bordage © Wemanity

Dans un premier temps, la priorité est donnée à l’allongement de la durée de vie de son matériel informatique ; en effet, cet équipement représente 47% des émissions de gaz à effet de serre générées par le numérique. Dans ce contexte, privilégier le matériel reconditionné ou d’occasion ou faire directement le choix d’appareils économes qui doivent être réparables, serait un bon début. Pour ce faire, de plus en plus de sociétés proposent ce genre de services et de nombreux labels ont été créés pour « accompagner » l’utilisateur dans cette logique – Ecolabel européen, EPEAT, certification TCO. Ces derniers garantissent ainsi la durabilité des appareils utilisés mais également la présence ou non de « substances nocives pour la santé ».

Suivant le même principe, éviter de multiplier les appareils numériques est également important : la multifonction est désormais reine et le trio « impression, photocopie et scan » doivent s’y associer. On privilégiera également des imprimantes qui permettent de remplacer chaque couleur indépendamment ou l’installation d’anti-virus et de protections anti-spams qui feront progresser simultanément en matière de cyber-sécurité. Le recyclage des déchets est à la mode : opter pour le recyclage de vos appareils anciens est donc une solution opportune. Actuellement, plus de 1200 points de collecte sont disponibles en France et des associations et sociétés calédoniennes : Mont Dore Jeunesse Multimedia, Eco-Recycle ou encore TV2000 à Ducos sauront donner une seconde vie à vos vieillards digitaux !

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Sobriété numérique, dîtes « bonne nuit » à vos équipements

Côté consommation énergétique, la sobriété numérique permet également d’alléger votre facture d’électricité ! On pensera donc à brancher ses appareils sur des multiprises à interrupteur et à les éteindre après utilisation mais également à activer le « mode économie d’énergie » sur son ordinateur et le « mode avion » sur son smartphone. En plus, vous dormirez mieux, croyez-nous… Côté smartphone, nombre d’applications sont inutilisées et demeurent présentes sur vos appareils : un petit coup de polish ne fait pas de mal ! Dîtes également « bonne nuit » à votre WiFi lorsque vous ne l’utilisez pas en le désactivant pour la nuit par exemple, voir même, en cas d’absence prolongée, à carrément éteindre votre box internet qui ne servira plus aux voisins… 

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La sobriété numérique allègera votre facture d’électricité (et votre impact environnemental) © Sébastien Bourguignon

Parlons maintenant d’usages responsables liés à la navigation et d’un constat flagrant :

Lorsque l’on saisit directement une adresse web dans la barre de recherche, on divise par quatre les émissions de gaz à effet de serre

energic.io

Arrêtons d’avoir « la flemme » et utilisons le « copié / collé » plutôt qu’un moteur de recherche ! Si toutefois, ça n’est pas possible, penser deux fois à des mots-clés précis plutôt que de taper le premier verbatim qui vient à l’esprit ; vider son cache, soigner son historique et créer des petites étoiles pour les « favoris » peuvent également être des éco-gestes rapidement adoptés tout comme le choix d’un navigateur écolo type « Ecosia », pour ne citer que lui. Quant au visionnage de vidéos, avez-vous vraiment besoin de voir une « compilation chiens débiles » pour vous éclater ? Lorsqu’on sait que « le visionnage en ligne d’une vidéo en haute définition de 10 minutes sur un smartphone équivaut à utiliser à pleine puissance un four électrique de 2000W pendant 5 minutes », on aurait tort de ne pas sortir au parc en voir pour de vrai, des chiens débiles ! 

Le Cloud est une révolution… aussi pratique qu’énergivore ! Trier, classer, supprimer les données « inutiles » régulièrement est donc à privilégier avant de tout envoyer dans la lune… Pour info, 78% des données stockées en France sont considérées comme des données « ROT » (redondantes, obsolètes et triviales) ou des données « DARK » (dont l’identification n’a pas encore été effectuée), selon une étude Veritas. Seules 22% des données hébergées sont des données utiles, et pourtant la France se place parmi les bons élèves… Stocker en local est encore le moins pire d’ailleurs ! 

Et puis, il y a cette boite mail qui déborde et pullule de mails en tous genre : conserver uniquement les mails importants, au diable les « blablas » qui surchargent les data centers ; discuter avec votre voisin de bureau est également plus écolo que de lui envoyer un mail directement avec toute la planète en copie. Le lien social, vous connaissez ? Côté « PJ », on préférera envoyer des fichiers compressés et en basse définition et les supprimer des mails de réponse, tout comme leur préférer des liens hypertextes pour transmettre un document. On ne répètera également pas assez le rôle capital des anti-spams : moins de mails frauduleux, plus de contenus pertinents. En parlant de contenus pertinents, se désinscrire des newsletters qu’on ne lit plus et autres publicités commerciales de votre point de vente préféré n’a jamais fait de mal à personne… sauf à la planète ! 

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Le mail, ce réflexe énergivore… © Groupe BPCE

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Le GIEC vous remercie par avance… 

On ajoutera pourtant quelques bonnes pratiques complémentaires parmi lesquelles privilégier le réseau WiFi plutôt que votre 3G/4G/5G, ça coûtera moins cher… La visio-conférence, c’est sympa, mais préférez-lui les audioconférences, vous vous verrez bien assez tôt comme ça. Musique et podcasts sont également disponibles sur des sites de streaming : utilisez-les à bon escient tout comme baisser la résolution des vidéos que vous regardez ou privilégier les écrans plus petits lors des achats. 

Bref, adopter ces « éco-gestes », dont la liste ci-dessus n’est pas exhaustive, est une habitude qu’il va falloir prendre sous peine de faire du numérique une nouvelle catastrophe écologique. Et comme à ce rayon-là, les rapports successifs du GIEC sont toujours aussi alarmants, on se dit qu’un doigt d’éducation numérique ne fera jamais de mal à personne. A vous de jouer… 

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Des chiffres clés pas vraiment au vert… © Verda Mano

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