Des “bancs” de la Station N pour signer une déclaration d’intention avec System Factory, à l’appel à manifestation d’intérêt autour de l’innovation sociale et solidaire, le début d’année de Vaimu’a Muliava est digne d’une activité extraterrestre. Le membre du gouvernement en charge, notamment, de l’innovation, vient de poser son vaisseau spatial à Paris, dans les locaux de la Maison de la Nouvelle-Calédonie, pour rencontrer le CNES. En amont de la poignée de main, la signature d’une convention autour “de l’entrepreneuriat innovant basé sur l’industrie et le commerce de l’espace”. Un article pour cosmonautes avertis…

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Je suis ton père !

CNES
Atterrissage réussi © DR

Ils étaient venus, ils avaient vu, ils étaient intervenus ! En août 2022, Thomas Fouquet et Eric Brel (CNES), avaient présenté, entre autres sujets, “Connect By CNES” et s’étaient entretenus avec le privé aussi bien qu’avec nos élus. Et puis, lors de l’Oceania Geospatial Symposium (OGS), événement régional d’envergure lié à la géomatique, une convention cadre avait été signée pour “exploiter le potentiel des technologies spatiales pour stimuler le développement économique, environnemental et sociétal de la Nouvelle-Calédonie”. Depuis lors, aux tréfonds de l’espace lagunaire, quelques spationautes avertis se sont activés à la vitesse de la lumière (ou presque) pour faire évoluer ce premier agrément. 

Il n’a pas fallu attendre longtemps en 2024 pour que Vaimu’a Skywalker dégaine à nouveau le sabre laser pour signer ce nouveau partenariat avec le CNES et son directeur de la stratégie Jean-Marc Astorg, une “étape cruciale dans le renforcement et l’expansion de l’écosystème spatial calédonien”. Dark Vador en tremble déjà ! Concrètement, ce nouvel acte d’entente met un accent particulier sur “l’innovation technologique, la transition numérique et la modernisation de l’action publique”. On apprend ainsi dans le communiqué de presse envoyé par le gouvernement que : 

“Cette collaboration prévoit l’intégration des solutions spatiales dans divers secteurs tels que l’énergie, l’agriculture, la santé, la mobilité ou encore la gestion des risques environnementaux.” 

Le gouvernement, la tête dans les étoiles 

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Un Connect By CNES calédonien

Le partenariat sera organisé en deux comités – l’un “d’orientation stratégique”, le second “technique” – qui auront pour objet de mettre en œuvre les objectifs de la convention et de coordonner les collaborations “CNES x NC”. Une plateforme régionale “Connect By CNES” alunira également sur le Caillou pour servir de point de contact local. Côté financements, le “nerf de la guerre (des étoiles)”, le CNES va soutenir les programmes clés grâce à une enveloppe de 16 millions de francs sur deux ans ; “Innovation et incubation” avec, notamment le concours ActInSpace 2024, “Accès aux incubateurs et financements” soutenus par le CNES, “Expertise technique et conseil” via les laboratoires ou encore “Accompagnement à la gestion territoriale” seront donc les piliers de cette collaboration intergalactique. 

Il est certain que la science géomatique – et notre écosystème compte de bien beaux talents – ou les technologies, notamment de télécommunication (mais pas que…), liées au spatial représentent un vaste champ d’investigation, aussi bien pour l’innovation calédonienne que pour divers pans de son économie. En ce sens, ce nouveau partenariat semble tracer une voie (lactée) à la mise en place de nouveaux usages sectoriels dans lesquels la prise de décision pourra réellement être orientée grâce aux (big) datas

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Le Caillou à la vitesse lumière ?

Doit-on s’interroger sur un certain décalage de maturité entre les véritables usages locaux et la réalité cosmique du CNES ? Pas entièrement car la Nouvelle-Calédonie compte quelques pépites dans ses rangs, à l’instar des startups BlueCham et INSIGHT SAS, pour ne citer qu’elles. Il n’en demeure pas moins que notre territoire pilote désormais un vaisseau amiral “full tech” qui devrait permettre à nos astronautes de passer le mur du son… avant de passer à celle de la lumière ? 

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