Elle n’a pas de MBA, pas de levée de fonds en série A et encore moins un parcours rectiligne ! Ce qu’elle a en revanche, c’est une boutique ouverte avant ses 20 ans avec sa maman, une agence de communication montée sans diplôme, une plateforme de formations en ligne et une application novatrice dopée à l’IA en cours de développement en Australie. Rien que ça !
Bienvenue dans l’histoire de Célie Gibus, fondatrice de l’écosystème « Kei », communicante, formatrice, podcasteuse et, de son propre aveu, toute nouvelle enfant de la tech calédonienne.
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Du fond de la classe à la boutique
L’histoire commence à Chartres où Célie ouvre un premier œil avant que son père, directeur marketing d’un grand groupe automobile, ne soit débauché et s’envole en Nouvelle-Calédonie. Célie a onze piges et s’aperçoit très vite “qu’on est beaucoup mieux ici qu’à Chartres !”. Observatrice Madame Gibus !
Sur les bancs de l’école, Célie n’occupe pas les premiers rangs, au sens propre comme au figuré ; “Je n’ai jamais aimé les règles !”, déclare-t-elle en songeant, pas revancharde pour une pièce, à sa maîtresse sous médoc’ qui tentait alors de lui apprendre la vie. Pas rebelle non plus pour autant, simplement « chaud » pour faire ses expériences par elle-même. Et quand il s’agit d’en faire une qui marque, elle n’attend pas puisqu’elle rencontre son partenaire à 17 ans et devient maman à 19, d’un bébé voulu et largement assumé. C’est peut-être là que les choses se précipitent comme elle l’avoue avec le recul :
“Mes parents ne sont pas là pour me donner de l’argent tous les mois. Donc maintenant, il est temps que je construise mon propre parcours.” – Célie Gibus, Madame Indépendante.

Sa fille n’a que six mois quand elle et sa mère montent leur première entreprise, une boutique de vêtements qui ouvre en centre-ville de Nouméa. Le soleil de juin 2015 brille et Célie n’a pas encore 20 ans mais elle réalise déjà un truc que personne ne fait sur le territoire : « créer un site internet pour vendre en ligne tout en soignant la communication ». Si le lancement est excellent, la célèbre « grève des roulants » paralyse alors le territoire. Les barrages bloquent Nouméa et les chiffres des ventes s’effondrent mais pas question de baisser les bras pour autant : elle réorganise, rebondit et décide de retourner à la CCI Nouvelle-Calédonie pour passer son bac. Cas cocasse : lors de son stage, elle devient sa propre maîtresse d’apprentissage puisque l’entreprise, c’est elle. Mais… “Ils ont accepté”, dit-elle avec la légèreté de quelqu’un à qui on ne dit pas souvent non.
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Com’ son père !

C’est en gérant les réseaux sociaux de sa boutique que tout s’éclaire ; en deux ans à peine, la page monte à 12 000 abonnés grâce à des formats, notamment audiovisuels, qui n’existent pas encore sur le territoire. Un bon nombre d’entre eux seront ensuite repris par les acteurs de la place :
“On a été hyper novateurs dans beaucoup de formats qui ont été très souvent repris.” – Célie Gibus, Madame Communicante
En 2018, l’agence de communication est officiellement lancée. Célie a 22 ans et elle gagne très bien sa vie même si elle le garde soigneusement pour elle, se contentant de puiser dans le réseau du paternel qui ouvre des portes dans lesquelles elle s’engouffre avec curiosité et motivation.
La formation arrive ensuite comme un prolongement naturel ; quelques années plus tard, dans le cadre de ses formations à la CCI, elle passe son agrément de formatrice avec Atout Plus avant même que ce ne soit obligatoire et l’obtient début 2020. Ce qui distingue son approche avec Kei Formation ? Une radicale accessibilité de ton et de langage :
“Quand tu as 21 ans et que tu débarques dans la com, tu te sens juste stupide. Ça te bousille ta confiance en toi et tous ces wordings en anglais font flipper…” – Célie Gibus, Madame HaterzGonnaHate
Alors, dans ses propres formations – technique du contre-pied : elle chasse le jargon, simplifie sans appauvrir, part toujours du concret et séduit ses apprenants grâce à son apparente simplicité. Résultat : un taux de satisfaction qui n’a jamais failli et des Community Managers formés qui volent aujourd’hui de leurs propres ailes.
Désormais insatiable, elle lance ensuite Kei Podcast à travers deux formats : « Échos d’inspiration » un rendez-vous hebdomadaire de cinq minutes mêlant réflexions d’entrepreneur et « Kei Podcast », produit avec Naissances insulaires, des portraits de parcours calédoniens inspirants au long format où se succèdent Bertrand Courte (Président du MEDEF), Aurore Klepper (Directrice générale de la FrenchTech) et d’autres invités. Celle qui était au fond de la classe est désormais derrière le micro… et c’est elle qui pose les questions !


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Ça « Kei » de partout !
C’est en accompagnant des entrepreneurs qu’un nouveau déclic se produit ; Célie constate la même chose en boucle : des gens qui arrivent avec des problèmes de communication mais dont l’offre n’a ni queue, ni tête, sans vision à trois mois, sans lien entre marketing et stratégie commerciale. Et encore moins d’outil(s) pour les aider à joindre le biz et le market’.
“Trouve-moi un outil sur le territoire ou dans le monde qui te permet de faire les deux : il n’y en a pas.” – Célie Gibus, Madame Tech
Alors que grondent les émeutes et que son mari tient les barrage, Célie se concentre sur le développement de ses formations en ligne et de ses podcasts ; et, infatigable, quelques mois après, Célie a une nouvelle idée : « Kei Desk », un dashboard web articulé par l’IA, conçu pour aider les entrepreneurs à piloter leur communication, structurer leur offre et donner une direction claire à leur business. L’idée se transforme rapidement en busines plan mais le chemin du « MVP » n’est pas simple : un premier développeur abandonne le projet, puis la province Sud ne transmet pas son dossier à BPI France pour une histoire de brevet et de propriété intellectuelle : IA pas d’quoi !

Célie ne lâche rien et prend alors un billet pour Sydney, repère un développeur via un mix ChatGPT x LinkedIn, identifie la compétence qui lui manque et glisse en fin de mail : “Je ne parle pas très bien anglais mais avec la technologie et la détermination, on va s’en sortir.” Réponse du développeur : “Ah mais tu vis en Nouvelle-Calédonie ? Ça tombe bien, j’ai étudié dix-sept ans dans une école française en Argentine.” Le genre de coïncidence qui ressemble moins à de la chance qu’à une l’attractivité de ceux qui font.
Et la jeune femme, convaincu de son projet, voit les choses en grand et décide de s’engager pleinement. Une preuve ? Un budget de 17,5 millions patates du Pacifique, financés intégralement par des prêts bancaires dont l’acquisition est facilitée par son réseau. Le beta test est désormais en approche pour janvier 2027. Tout l’écosystème « Kei » qu’elle vient de bâtir repose aujourd’hui sur trois principaux piliers : « Kei Communication » (l’agence, ancrée sur le territoire), « Kei Académie » (les formations, bientôt bilingues) et l’application « Kei Desk« , en cours de financement complémentaire via Initiative NC.
Un plongeon dans la tech et l’invest’ mais lorsqu’on lui demande si elle se considère comme une « entrepreneuse tech », sa réponse cingle avec honnêteté :
“Je me considère pour le moment plus comme une communicante qui découvre la tech, comme une sorte d’enfant qui découvre un nouveau monde.” – Célie Gibus, Madame Christophe Colomb.
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L’anti-parcours en antipasti
Si Célie Gibus a bien un plan, que dis-je, une vision, elle est aussi ambitieuse qu’assumée ; si « Kei Communication » restera ancrée sur le territoire calédonien, les deux autres piliers de l’écosystème ont les yeux ailleurs car l’entrepreneuse s’est rendu compte que « lorsque tout s’écroule sur le Caillou, on risque de tout perdre d’un coup ». Alors « Kei Académie » vise le Pacifique francophone, puis la France métropolitaine, les outre-mer, l’Afrique francophone et sera doublée d’une version anglophone dès que l’anglais de Célie aura suivi. Alright ?
Quant à « Kei Desk », son application « révolutionnaire », l’ambition est clairement internationale : Pacifique d’abord, monde ensuite. Show must go on ! Sa vision business pour l’app’ ? Être le copilote numérique de tout entrepreneur qui ouvre sa boîte, ceux qui à minuit, seuls face à leur écran, ne savent pas par où commencer. Bienvenue dans la matrice…
“Tu prends ton abonnement, et tu commences à structurer ta nouvelle boîte.”, Célie Gibus, Madame Just Do It !
Les maquettes sont finalisées, le développement « poken » est en cours et une première version devrait arriver « sur l’internet » d’ici quelques mois. Célie, elle, regarde déjà plus loin, comme elle l’a toujours fait depuis le fond de cette classe de CE2. “Un entrepreneur, c’est quelqu’un qui, au-delà de construire son entreprise, se construit lui-même.”. Croyez-la, l’anti-parcours de Célie Gibus n’est pas une anomalie : c’est une méthode depuis l’antipasti de sa vie !
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