Rencontre avec les frères Thomas, co-fondateurs de Mobupay
Le Caillou n’a désormais plus à dépendre des géants mondiaux du paiement pour encaisser en ligne ; c’est en tout cas le pari qu’ont lancé Cyriaque, Auxence et Enguerrand Thomas en créant Mobupay… L’histoire commence dans les coulisses de leur startup Need Eat, une plateforme calédonienne de livraison de repas. Alors que Stripe coupe ses abonnements en Nouvelle-Calédonie et qu’EpayNC ne répond pas à leurs besoins spécifiques, les trois frères se retrouvent à redistribuer manuellement les paiements aux restaurants partenaires… Ainsi, plutôt que d’attendre une solution qui ne vient pas, ils décident de la construire eux-mêmes.
Née de cette frustration fondatrice, la startup se fait d’abord connaître sous le nom de Spirit, remporte le prix DeepTech Tech for Good 2023, avant de se rebaptiser Mobupay. Agréée par l’ACPR en tant qu’Agent de Paiement adossé à eZyness, filiale à 100 % de La Banque Postale, la solution ambitionne de devenir la première vraie alternative calédonienne à EpayNC pour les marchands. Après VivaTech 2026, l’aventure entre dans sa phase décisive : à l’heure même où le cadre réglementaire qui bloquait Revolut et Stripe commence enfin à bouger.
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Cyriaque, Auxence, Enguerrand, bonjour et bienvenus sur NeoTech. Pourriez-vous présenter les « frères Thomas » en quelques mots et expertises respectives à nos lecteurs ?

Enguerrand : Bonjour à tous, je suis Enguerrand, l’aîné des frères et ingénieur de formation. À l’origine, j’ai fait les Arts et Métiers et me suis spécialisé dans le génie mécanique, industriel, énergétique… J’ai ensuite travaillé une dizaine d’années dans l’industrie lourde, notamment à KNS, et puis, plus tard, en Afrique, en Angola, à Madagascar, dans différentes usines de nickel et plateformes pétrolières. L’année dernière, j’ai quitté mon emploi salarié pour me consacrer à l’aventure Mobupay à laquelle j’ai participé depuis le début. Au cours de mes expériences professionnelles passées, j’ai rencontré des centaines de fournisseurs différents et j’ai ainsi acquis une vraie connaissance du monde du business.
Cyriaque : Bonjour, moi c’est Cyriaque, ingénieur de formation également. Avec Auxence on a créé Need Eat en 2020 et j’ai donc assez vite basculé dans l’entrepreneuriat ; auparavant, j’avais brièvement travaillé chez KNS mais, depuis six ans maintenant, j’ai enfilé le costume d’entrepreneur. J’ai fait mes études dans le génie industriel, notamment toute la partie production, fiabilité, maintenance, gestion de projet… c’est assez large mais ce sont des champs de compétence qui m’ont bien servi dans le développement des entreprises qu’on a créées.
Auxence : Bonjour aux lecteurs ! Pour ma part, j’ai eu mon diplôme en décembre 2025 et je suis donc tout juste diplômé d’une école d’ingénieurs ; dès ma deuxième année, j’ai commencé à travailler sur Need Eat avec Cyriaque, et du coup j’ai eu un parcours étudiant-entrepreneur, ce qui a fait que j’ai prolongé mes études : en gros, j’ai fait cinq années en sept. Ma spécialité, c’est l’ingénierie système : la conception et le design de systèmes complexes, plutôt dans l’industrie, mais ça peut s’appliquer à tous les secteurs.
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L’histoire de Mobupay commence avec Need Eat… Racontez-nous ce moment où vous avez décidé de construire vous-mêmes la solution plutôt que d’attendre.
Cyriaque : Effectivement, en 2019, on réfléchissait à la création de notre solution Need Eat. Puis, en 2020, on décide de lancer et on a besoin d’une solution de paiement. A cette époque, on ne connaissait pas grand-chose au paiement en ligne donc notre premier réflexe a été de chercher une solution locale de paiement ; dans ce contexte, on a contacté la CSB et on s’est rapidement rendu compte qu’il n’y avait pas de module adapté pour les plateformes multi-marchands. A ce moment, la CSB nous a proposé l’intégration de sa solution de paiement classique, EpayNC.
Dans la pratique, l’intégration a été très compliquée à mettre en place et l’accompagnement technique n’a pas été suffisant pour finaliser l’intégration. Du coup, on a dû basculer vers Stripe mais le problème de Stripe, c’est que ça ne répondait pas au besoin qu’on avait, parce que même à l’époque, Stripe ne fonctionnait pas en mode plateforme multi-marchands. Le mode plateforme multi-marchands nécessite que les commerçants s’enregistrent aussi sur Stripe et ils ne pouvaient pas s’enregistrer sans avoir un compte bancaire français. De plus, Stripe est quand même assez cher ; à titre d’exemple, pour faire du paiement natif en franc pacifique, ils rajoutent 1 % de commission en plus de la commission « de base »…
« En 2021, après avoir implémenté Stripe on a tout de suite vu que ça allait être très compliqué ; d’une part parce qu’on n’avait pas accès au module pour les plateformes, donc les fonctionnalités étaient assez limitées, on était obligés de faire des reversements manuels à chaque marchand… Et en payant très cher en plus. »
C’est à cette période que l’idée de Mobupay a commencé à germer ; au début, c’était une idée un peu saugrenue et en fait, au fur et à mesure, on a été approchés par de nombreuses personnes dans l’écosystème numérique, des commerçants qui cherchaient des solutions de paiement qui n’existaient pas sur le territoire… et qui n’existent toujours pas, d’ailleurs. Ils ont eu vent de notre projet et nous ont contactés pour nous remonter leurs problématiques, les besoins qu’ils avaient. C’est là qu’on a vraiment compris qu’il y avait un besoin sur le marché du paiement en Calédonie, notamment du secteur numérique.
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Vous avez obtenu le mandat d’agent de paiement, adossés à eZyness, la solution PSP de La Banque Postale. Comment vous y êtes-vous pris, et concrètement, qu’est-ce que ça change pour un commerçant calédonien qui vous fait confiance ?
Auxence : Au niveau de l’historique, en 2022, on a d’abord commencé par se rapprocher d’un PSP – un « prestataire de services de paiement » – qui s’appelle Lemonway. On a commencé à les intégrer, d’abord pour l’utilisation de Need Eat, mais on avait déjà le projet Mobupay en tête. Notre idée, c’était de tester la solution via Need Eat, puis de créer une nouvelle infrastructure dédiée pour Mobupay mais… le projet est tombé à l’eau en 2023 car, la veille du lancement officiel, Lemonway décide finalement de se retirer en nous disant qu’ils ne veulent pas prendre le risque d’exercer en Outre-Mer ! Ce n’était pas une histoire d’agrément mais une histoire d’assurance et de risques… alors que ça faisait des mois qu’on avait tout intégré sur la plateforme !
On ne se laisse pas démonter et, en fin d’année 2023, on mandate un cabinet de conseil spécialisé pour nous aider à trouver un partenaire pertinent car on voulait s’appuyer sur une infrastructure monétique existante. Il nous fallait un partenaire qui voulait bien s’engager en Nouvelle-Calédonie. On en a alors rencontré plusieurs et nous avons finalement choisi eZyness, une filiale à 100 % de La Banque Postale, qui est un PSP créé en 2017 et plutôt spécialisé dans les gros flux plateforme multi-marchands, à destination des grosses infrastructures.
On commence donc à monter le dossier avec eZyness. On leur explique ce qu’on veut faire exactement : pas pour Need Eat, du coup, mais vraiment pour Mobupay. On travaille tous les flux ; on commence à structurer la partie technique, le développement. Fin 2024, on arrive à conclure un deal avec eux. Puis, pendant toute l’année 2025, on a lancé les développements, les études de conformité juridique, etc. Il nous a fallu quasiment un an pour obtenir le mandat d’agent mais, en parallèle, on a développé l’application et, plus globalement, toute la partie technique. On a pris un gros risque mais on a finalement obtenu notre mandat en mars 2026.

Cyriaque : Pour répondre à la question « qu’est-ce que ça change pour un marchand calédonien » ? En fait, grâce à ce partenariat avec eZyness, les flux et les comptes de paiement sont sécurisés par La Banque Postale qui est un acteur majeur de la finance. Un compte marchand qui sera ouvert chez nous donnera ouverture à un compte de paiement qui est en réalité un compte de cantonnement, c’est-à-dire qu’il est complètement bloqué. : les fonds qui sont déposés dessus appartiennent à 100 % au détenteur du compte, le marchand ou l’entreprise qui aura réalisé son enregistrement. C’est ce qui fait que les fonds sont vraiment ultra sécurisés parce que les comptes sont bloqués contre toutes saisies juridiques. C’est-à-dire que même si la banque fait faillite, en théorie, les comptes appartiennent au commerçant : ils sont séparés de l’infrastructure bancaire.
Enguerrand : En plus, au cœur de la solution Mobupay – parce qu’on ne se contente pas que de refournir les services d’eZyness ! – on a construit toute une infrastructure métier qui permet à nos clients de bénéficier de notre expertise sur le sujet, notamment sur les fonctionnalités plateformes multi-marchandes, telles que Need Eat : on est partis du besoin de Need Eat pour créer notre infrastructure Mobupay à destination de tous les acteurs calédoniens, du Pacifique et même de métropole.
« Finalement, on est nos premiers clients : Need Eat tourne sur Mobupay. On a donc une bonne idée de ce dont ont besoin la majorité des clients… Pour chaque fonctionnalité, on part d’un besoin métier qui est déjà expérimenté, identifié, ou alors que quelqu’un nous aurait rapporté ; ensuite, on crée la fonctionnalité sur mesure pour répondre à ce besoin. »
On s’appuie sur tous les retours des gens avec qui on a eu des contacts et qui cherchaient des solutions de paiement, on a écouté leurs problématiques, on a tout noté, on a tout listé et on essaie de faire en sorte de répondre à tous ces besoins. Aujourd’hui, on a l’agilité nécessaire pour être capables de proposer des solutions à des cas qui ne sont pas encore couverts et à des clients qui ne trouvent pas exactement ce dont ils ont besoin.
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Mobupay propose trois briques principales : e-commerce classique, plateformes multi-marchands et prélèvements récurrents. Pourriez-vous illustrer vos services par un exemple concret pour chacun ?
Enguerrand : La vision de Mobupay, c’est d’apporter au territoire du Pacifique français des solutions de paiement de niveau mondial, accessibles et adaptées aux réalités locales. C’est-à-dire qu’on est conscient qu’il y a plein de spécificités « pays » à prendre en compte mais ce n’est pas parce que ces spécificités existent que les Calédoniens n’ont pas le droit de bénéficier d’un service de paiement de qualité internationale. Et sans surcoût !
On a ainsi conçu Mobupay pour tous les professionnels du Pacifique qui ont besoin d’une solution d’acquisition de paiement. Nous nous adressons à tout le marché du e-commerce « classique » ; Mobupay est adapté à un entrepreneur qui veut vendre ses bijoux, qui veut vendre ses créations, qui veut vendre des vêtements, toutes les boutiques en ligne. On a également développé le paiement par lien, pour des entrepreneurs qui veulent faire payer une prestation de service – surtout pour le paiement des factures, c’est assez utilisé en B2B – ou des artisans qui n’auraient pas de site de vente.
Ensuite, nous proposons le modèle de plateforme « multi-marchands », typiquement le cas d’usage de Need Eat ; Need Eat est un intermédiaire qui met en relation des restaurants, des livreurs et des clients ; il nécessite donc des systèmes de reversement de fonds et c’est un modèle qui n’est pas forcément très intuitif. Il faut bien comprendre les flux en circulation : quand le client paie sa commande par exemple, cet argent appartient en partie au restaurant, en partie au livreur, en partie à notre commission ; on n’est pas censés récupérer sur le compte en banque de la société les fonds de tout le monde et ensuite faire le « redispatch » à la main parce que quelqu’un pourrait partir avec la caisse. Et c’est déjà arrivé, d’ailleurs… Cette architecture « multi-marchande » nécessite un modèle très spécifique avec un compte de cantonnement, etc. et c’est le cœur de Mobupay.
Et ensuite, on a les prélèvements récurrents, un service qui permet de payer des factures récurrentes, telles que des loyers, soit par prélèvement automatique, directement par virement, ou directement par carte bleue. L’abonnement à une salle de sport, par exemple : ils peuvent passer par Mobupay pour gérer leurs abonnements et créer des prélèvements sur carte sans intermédiaire bancaire.



Cyriaque : On pense que le e-commerce calédonien a été freiné par l’absence de solutions répondant aux besoins spécifiques du secteur. On espère ainsi répondre à tous les besoins des e-commerçants du territoire et on sait qu’il y a beaucoup de projets de plateforme qui ont été bloqués, et dont on entend parler depuis plusieurs années, faute de solutions de paiement adaptées.
« Avec Mobupay, ces acteurs auront un interlocuteur unique : pas besoin d’aller négocier une partie avec une banque, une partie avec untel ou untel… Ils bénéficieront d’une plateforme unique pour gérer tous les types d’encaissement. »
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EpayNC est aujourd’hui le seul acteur du e-paiement marchand sur le territoire. Que pensez-vous de cette solution à date et comment vous positionnez-vous face à eux ?
Cyriaque : Notre expérience avec EpayNC et la CSB date d’il y a cinq ans ; depuis lors, on a entendu que leurs services avaient évolué mais on ne peut pas juger leur qualité actuelle parce que nous n’avons plus de retour d’expérience qui le justifierait. Tout ce qu’on peut dire, c’est que notre projet est tout de même né d’une frustration liée à une solution de paiement qui n’était pas à la hauteur sur le territoire il y a cinq ans.
Notre positionnement, c’est de proposer des solutions plus complètes, avec des modules aboutis et des fonctionnalités plus intéressantes… On a aussi l’ambition d’avoir un modèle tarifaire transparent et plus compétitif ; on essaie de se mettre au niveau tarifaire des solutions internationales.

Auxence : Sur ce dernier point, je veux juste insister sur le fait que Mobupay propose vraiment la même grille tarifaire à tous ses clients. Pour Need Eat, client de Mobupay, on va économiser 50 % de frais de transactions comparé à Stripe actuellement et ce, alors qu’on a un tarif négocié avec Stripe du fait de notre volume, et qu’on a déjà essayé de renégocier.
Notre volonté est de miser sur la transparence, dans le sens où la grille tarifaire est publique et sans frais cachés, elle est même dégressive automatiquement avec le volume : un petit commerçant n’est pas obligé d’aller négocier une tarification ; elle s’applique automatiquement. Le jour où on passe le palier, la dégressivité est appliquée.
Par ailleurs, nous sommes complètement indépendants des banques locales ; pour résumer, on est le seul interlocuteur de nos clients : ils n’ont pas besoin de faire appel à leur banque pour gérer leur service en parallèle. On veut apporter de la simplification à tous les niveaux ; dans le processus d’enregistrement par exemple, il est 100 % en ligne et réalisable en quelques minutes ! On a vraiment mis l’accent sur la simplification des démarches, sur la transparence, et sur la compétitivité des prix sans négliger le perfectionnement des fonctionnalités de nos produits.
« On est en 2026 : on ne peut plus expliquer à un Calédonien qu’il doit payer plus cher pour avoir un service dégradé par rapport à ce qu’on voit partout ailleurs dans le monde, alors qu’on est dans un monde de plus en plus connecté ! »
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Revolut vient d’obtenir sa licence bancaire française et Christopher Gygès a confirmé que cet agrément est désormais étendu à la Nouvelle-Calédonie. La porte réglementaire commence à s’entrouvrir – potentiellement pour Revolut, et peut-être Stripe ensuite. Pour Mobupay, c’est une bonne ou une mauvaise nouvelle ? Comment analysez-vous cette information ?
Cyriaque : En premier lieu, je voudrais souligner que, depuis quelques années, Christopher Gygès a été assez actif sur le sujet et que le gouvernement nous a soutenus dans le développement de Mobupay.
Enguerrand : Pour revenir à Revolut et au cadre réglementaire, quelques précisions : les établissements bancaires ou financiers qui ont un agrément ACPR en France ont toujours eu le droit d’exercer en Nouvelle-Calédonie. Il n’y a aucune restriction et le cadre réglementaire n’est pas figé à ce niveau-là. Il suffit d’avoir son agrément en France pour pouvoir exercer en Nouvelle-Calédonie ; mais ce n’est pas parce qu’on a son agrément en France qu’on veut et donc, qu’on va le faire ! Qui plus est, ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas de spécificités locales auxquelles il faut répondre en Nouvelle-Calédonie. Notamment, par exemple, le franc pacifique, le RIDET au lieu du SIRET, les complexités de l’onboarding… Ce n’est pas aussi simple qu’en France.
Auxence : Souvent, pour avoir essayé de travailler avec des établissements bancaires français, le problème, c’était que dans leur processus d’enregistrement, dès qu’on dit Nouvelle-Calédonie, ça sort du cadre ! Le processus n’était pas construit pour permettre l’enregistrement d’entreprises calédoniennes. À partir de ce moment-là, ça bloque tout le système… et ils ne vont pas modifier leur processus pour un marché aussi petit. Et ils ne le feront jamais. C’est ce que de nombreuses personnes nous ont dit clairement.
Revolut avait un mandat d’agent, mais en Lituanie ; du coup, ils peuvent exercer en Europe grâce au passeport européen – dont vous avez parlé dans votre dernier article – mais pas en Nouvelle-Calédonie. Stripe, c’est pareil : ils ont un agrément en Irlande donc ils peuvent exercer en Europe, mais pas en Nouvelle-Calédonie. Et de ce côté-là, le cadre réglementaire n’a pas bougé d’un poil. Ce qui s’est passé, c’est que Revolut a fait sa demande d’agrément à l’ACPR et l’a obtenue en France. Aujourd’hui, effectivement, ils peuvent théoriquement venir en Nouvelle-Calédonie et proposer leur service. Mais est-ce qu’ils vont le faire ? C’est une autre histoire… Sur le sujet « acquisition de paiement », pour l’instant, Revolut, notamment sur le e-commerce, travaille avec Stripe : si c’est bloqué localement pour Stripe, a priori, ça peut être compliqué pour Revolut.
Enguerrand : De plus, on n’est pas en concurrence directe non plus. Revolut, ils font principalement des comptes de paiement pour les particuliers et des solutions de paiement pour les professionnels mais sur le e-commerce, c’est quand même assez limité.
Par ailleurs, dans un premier temps, notre but, c’est aussi de nous exporter également à Tahiti qui a les mêmes problématiques mais nos solutions sont aussi dimensionnées pour être commercialisées en France et en Europe. La concurrence, on la surveille évidemment mais elle ne nous fait pas peur et je trouve même que c’est quand même assez bénéfique.
Et un dernier point non négligeable : si les Calédoniens veulent utiliser un service de paiement comme Revolut ou Stripe, en termes de service client et de support, il faudra accepter d’avoir un décalage horaire conséquent, pas de personnes sur place pour se déplacer si besoin… enfin, d’être seul face à la machine ! Et ils seront plus chers que nous sur la partie e-commerce. Nous serons plus compétitifs au niveau des tarifs et joignables facilement grâce à un service de proximité.
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Vous étiez à VivaTech 2026, pourtant le site Mobupay affichait encore hier « Bientôt disponible ». Qu’êtes-vous allés chercher à VivaTech ?
Cyriaque : En effet, nous étions bien à VivaTech et nous avions beaucoup hésité avant d’y aller parce qu’effectivement, ça nous embêtait que la solution ne soit pas encore complètement prête lors de l’événement. Nous le savions à l’époque…
… mais VivaTech peut également être un moyen d’aller faire de la veille technologique, de rencontrer des partenaires, de se faire du réseau, de comprendre les besoins des acteurs internationaux et nationaux, de créer des synergies avec des partenaires et prospects potentiels… C’est exactement ce que nous étions venus y chercher !

Auxence : Là-bas, on a pu avoir des échanges assez intéressants avec de grosses structures, mais aussi rencontrer des prospects en France, et certains de Tahiti. Ça nous a permis aussi de positionner notre offre et de comprendre le marché métropolitain ou encore de faire de la veille sur les solutions technologiques utilisées en France mais aussi en Europe, et de voir comment on se plaçait par rapport à eux, puisque c’est aussi notre but à terme.
On a aussi invité nos fournisseurs et partenaires à venir nous rencontrer ce qui est un gage de crédibilité. Ça permet de faire passer un message : « regardez, on n’est pas tout seuls, on est au sein de la délégation Nouvelle-Calédonie avec plein d’autres acteurs de l’écosystème, on n’est pas isolés ». Ça a fonctionné et on a quand même eu une certaine visibilité sur le stand, plusieurs rendez-vous avec des partenaires potentiels, des partenaires techniques et on a fait de belles rencontres sans oublier quelques prospects chauds en France aussi.
« Cyriaque : Mais bon, malgré un peu de retard pour différentes raisons, notamment techniques, on peut vous partager un scoop : les solutions Mobupay sont disponibles depuis ce matin sur notre site internet ! C’est une belle exclusivité pour NeoTech, ça non ? »
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Bravo pour ce lancement : quel timing ! Hâte d’en savoir plus sur les prochains mois … Justement, quelle est votre vision à moyen-long terme en termes de développement local et, potentiellement, régional et/ou international ?
Enguerrand : Du côté des perspectives de développement à moyen et long terme, nous avons construit la solution pour qu’elle soit parfaitement utilisable dans le Pacifique français dans un premier temps, notamment dans les pays qui utilisent le franc pacifique. Évidemment, le marché calédonien sera notre priorité en 2026, puis nous souhaitons rapidement nous développer en Polynésie et dans la région Pacifique en 2027.
Cyriaque : Mais, dès le début, notre objectif était de construire une plateforme qu’on pourrait utiliser partout en France, voire même en Europe, ce que nous permet théoriquement notre mandat d’agent. Il n’y a donc aucune raison qu’on n’aille pas s’exporter sur ces marchés, notamment sur la partie « plateforme », où on apporte vraiment une plus-value par rapport à toutes les solutions qui existent ; comme on le disait, on fournit des services « clés en main » pour les plateformes, avec toutes les fonctionnalités attendues, et même des petites spécificités qui ne sont pas accessibles, même avec Stripe ou avec d’autres plateformes, toutes issues des besoins qu’on a recensés ; on pense réellement qu’on a une carte à jouer sur ce volet en métropole !
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Un dernier mot ou une dernière actualité à partager avec nos lecteurs ?
Enguerrand : Allez, on va faire un petit teasing sur une grosse évolution qui arrivera dans les prochains mois donc il faut que les Calédoniens restent connectés : « Stay tuned », comme on dit. D’ici quelques semaines, on dévoilera la prochaine brique logique de fonctionnalités que Mobupay offrira aux commerçants calédoniens.
« Suspens… mais pour l’instant, rendez-vous sur mobupay.nc ! »
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