Kinésithérapeute de formation, championne du monde de natation en 2005 et médaillée de bronze aux Jeux Olympiques d’Athènes en 2004, Solenne Figuès de Sainte Marie a toujours voulu revenir en Nouvelle-Calédonie, là où elle avait appris à nager. En 2016, elle crée le centre sport-santé Santéo à Nouméa avec une conviction simple  : la prévention vaut mieux que la guérison. Dix ans plus tard, elle digitalise toute son expérience terrain et fonde SANTEO Connect, une plateforme de prévention santé et de bien-être au travail à destination des entreprises. Rencontre avec une entrepreneuse qui a digitalisé dix ans d’expérience terrain pour mettre la prévention santé à portée de tous les salariés.

L’équipe SANTEO Connect © SANTEO Connect 

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Bonjour Solenne et bienvenue sur NeoTech  ! Pour commencer, peux-tu te présenter et nous parler de SANTEO Connect  ? 

Je m’appelle Solenne Figuès de Sainte Marie, je suis kinésithérapeute et fondatrice de Santéo et de SANTEO Connect. Cela fait dix ans qu’on travaille sur la prévention santé, d’abord en présentiel avec les entreprises et les particuliers, puis on a décidé de digitaliser toute notre expérience terrain. SANTEO Connect, c’est une solution qui permet d’avoir son kiné en poche, sa santé en main. Chacun remplit un bilan individualisé, accède ensuite à son kiné pour affiner ce bilan, puis reçoit un programme vidéo adapté à ses besoins. Il y a tout un système de suivi en ligne, de gamification, avec des alertes pour le kiné qui peut aussi envoyer des messages individuels. Le modèle économique est aujourd’hui principalement du B2B  : ce sont les entreprises qui s’abonnent pour leurs salariés, avec pour objectif de réduire les troubles musculo-squelettiques et toutes les problématiques liées aux environnements de travail. 

Votre kiné en poche avec © SANTEO Connect 

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Championne du monde de natation, médaillée olympique à Athènes en 2004, tu deviens kinésithérapeute et tu crées le centre Santéo à Nouméa en 2016. Comment tu es passée du sport de haut niveau à l’entrepreneuriat en Nouvelle-Calédonie  ? 

J’étais kinésithérapeute avant d’être championne du monde. Et j’ai toujours voulu rentrer en Nouvelle-Calédonie, c’est là où j’avais appris à nager. Après ma carrière sportive, j’ai travaillé pendant dix ans avec les équipes calédoniennes de sport. Que ce soit dans mon propre parcours ou avec les gens que je soigne, je n’ai jamais été blessée. Dès qu’on met en place de la prévention, on se rend compte qu’on peut aller beaucoup plus loin. C’est pour ça que j’ai créé Santéo d’abord  : la prévention, c’est vraiment l’ADN de Santéo et ensuite de SANTEO Connect. 

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Santéo : comment est née l’idée et comment est-elle passée du physique au digital  ? 

Dans nos métiers de santé, on est tous dans la maladie. On vient nous voir quand on a l’ordonnance et que la sécurité sociale rembourse. Je me suis dit  : quel dommage ! Avant que l’incendie soit déclaré, il y a plein de choses à mettre en place. C’est pour ça que j’ai créé Santéo, où on propose des bilans, du renforcement musculaire, des soins kinés, des massages. On a travaillé avec plus de 40 entreprises calédoniennes, partout sur la Nouvelle-Calédonie. La prévention, c’est très holistique  : quand on a mal au dos, des fois on en a plein le dos. L’alimentation, le moral, le psy, le mouvement, tout est lié. C’est l’ADN du centre. 

La transition vers le digital est venue naturellement. 30 % de nos adhérents de Santéo avaient quitté le territoire. Ils nous appelaient depuis Brisbane, Paris, Papeete pour nous demander si on pouvait leur envoyer des programmes. En parallèle, on a eu toute la population de brousse qui n’avait plus de professionnels de santé à proximité. On a donc investi dans une solution digitale pour ces gens-là, avec accès à la vidéo. C’est là qu’est née SANTEO Connect

Un suivi sur-mesure depuis votre smartphone © SANTEO Connect 

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Comment ça fonctionne concrètement pour une entreprise qui adopte Santéo Connect  ? 

Chaque salarié commence par un bilan individualisé. À la suite de ce bilan, il accède à son kiné qui va le peaufiner, puis reçoit un programme vidéo adapté à son besoin, avec la possibilité d’adapter sa fréquence d’exercices à son rythme de vie. Il y a tout un système de gamification  : « bravo, tu as fait trois séances », « ça fait trois semaines que tu n’as plus fait tes exercices, qu’est-ce qui se passe  ? ». Des automatisations, des alertes pour le kiné qui peut aussi envoyer des messages individuels, et toujours un accès direct au kiné par chatbot si besoin. 

Du côté de l’entreprise, les équipes RH et les CSE accèdent à un tableau de bord . Par exemple : sur 200 salariés, 180 ont réalisé leur bilan, voici le taux d’adhérence. Et ce, sans aucune information sur les données de santé individuelles des salariés. L’objectif pour l’entreprise  : moins de blessures, moins de troubles musculo-squelettiques, donc moins d’arrêts de travail. 

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SANTEO Connect est née ici, en Nouvelle-Calédonie, mais vous visez déjà plus loin. Vous étiez au New Caledonia Pavilion à VivaTech en juin – comment on construit une solution depuis le Caillou pour qu’elle rayonne au-delà  ? 

SANTEO Connect au New Caledonia Pavilion lors de VivaTech 2026 © Santéo Connect 

VivaTech a tout accéléré. À la base, le plan c’était la Nouvelle-Calédonie d’abord. Mais un client, c’est aussi de l’argent et une solution ça coûte énormément. Donc là où il y a de la demande, autant se positionner. Et VivaTech, c’était un salon extraordinaire ! Tout était prêt, tout était installé ; il nous restait qu’à pitcher. La SNCF, Engie : « votre solution nous intéresse vraiment ». Plus de 130 prospects qualifiés en quelques jours et nous avons même eu une prise de contact avec l’Élysée. 

On a aussi été repérés par l’Agence de l’Innovation en Santé en France. Ce qu’on propose sort un peu de l’ordinaire parce que les professionnels de santé sont beaucoup dans la maladie elle-même. Montrer aux entreprises qu’en mettant en place des mouvements de prévention on réduit les arrêts de travail, c’est un discours qui résonne partout. 

Notre feuille de route est donc la suivante  : d’abord la Nouvelle-Calédonie, puis le marché français, puis la Polynésie et les îles francophones du Pacifique. L’appli peut également passer en anglais assez rapidement, ce qui pourrait nous ouvrir d’autres portes d’ici deux à trois ans. 

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Quels sont les prochains chantiers pour Santéo Connect  ? 

La priorité absolue, c’est de transformer les premiers prospects en clients pilotes et d’avoir une application qui fonctionne et qui fidélise les utilisateurs dans la durée. On est vraiment dans la phase de test de nos taux d’adhérence. On a des rendez-vous avec de grands groupes français et c’est ce terrain qu’il faut sécuriser d’abord. 

En parallèle, j’ai répondu au Concours Innovation Outre-Mer, qui se tient en novembre à la Station F à Paris. J’ai aussi tout un réseau de sportifs de haut niveau en France  : on n’est que 40 médaillés olympiques tous les quatre ans, c’est un réseau très fort. Des anciens copains m’ont invitée aux Étoiles du Sport 2026 en fin novembre… autant de portes qui s’ouvrent vers les entreprises.

Mais l’idée de fond c’est surtout d’automatiser davantage Santéo pour que la structure n’ait plus besoin de moi et de former l’équipe afin qu’elle soit à 100% autonome. Plus il y aura du monde, plus on ira loin !

D’ailleurs, le centre Santéo organise une matinée portes ouvertes le samedi 5 septembre à Nouméa, avec mini-bilan offert sur réservation et séances d’essai en petit groupe de 8h à 11h. Vous êtes les bienvenus !

Matinée Portes Ouvertes au centre © Santéo

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Si tu devais retenir une chose de cette aventure entrepreneuriale depuis le Caillou, ce serait quoi  ? 

C’est de croire vraiment en son projet. Quand on y croit, quand on a la conviction qu’on peut changer les choses, les réactions des gens en face sont incroyables. Ils y croient avec vous ! J’espère pouvoir faire de grandes choses. 

Et puis pour la petite histoire  : tout a démarré par un réveil à 3h du matin. C’était en octobre 2025, au moment des inscriptions à Women in Tech, je devais remplir mon dossier. Coupure de courant dans tout le quartier, c’était l’un des derniers jour pour soumettre ma candidature. Je suis donc rentrée chez moi mais à 3h du matin, je me suis réveillée et je suis revenue ici travailler au bureau deux heures. J’ai rempli tout le projet, je suis rentrée chez moi, j’ai pris le petit-déj’ avec mon mari et mes enfants, je suis revenue et clac, je l’ai envoyé. Je n’avais jamais fait ça de ma vie. Et surprise… j’ai gagné !

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