Sur Twitch, la plateforme reine du streaming, on “lurk” discrètement, on spam des emotes dans le chat, on envoie des subs pour soutenir son streamer préféré. Si certains rassemblent des millions de viewers à travers le monde, transformant leur passion en véritable carrière, il y a aussi des personnalités locales qui bâtissent leur communauté stream après stream. C’est dans cet univers en pleine effervescence que s’inscrit Estel alias Ponthiax, streameuse calédonienne, qui trace son chemin dans un univers majoritairement masculin. Aujourd’hui, on part à sa rencontre pour comprendre ce qui se cache vraiment derrière le bouton “Go Live”.
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Hello Estel ! Sois la bienvenue sur NeoTech. Avant d’entrer dans le vif du sujet, peux-tu te présenter à nos lecteurs ?
Je m’appelle Estel Ponthieux, alias Ponthiax sur Twitch. J’ai 23 ans. Je suis créatrice de contenu Twitch, membre de l’ESNC et en parallèle de tout cela, je suis actuellement une formation pour devenir hôtesse de l’air. Mon parcours est assez compliqué : j’ai connu des périodes de dépression assez tôt, notamment au lycée. J’ai arrêté l’école en seconde, puis je suis partie en Nouvelle-Zélande pour une école de langue. Ensuite, j’ai suivi ma mère en France, mais ça a été encore plus difficile moralement. C’est à ce moment-là que je me suis beaucoup réfugiée dans YouTube et les jeux vidéo.

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Comment est née ta passion pour le gaming ?
Quand j’étais petite, alors que je n’étais pas en âge de toucher à une manette, j’aimais regarder mon père qui jouait beaucoup à la PlayStation. Un jour, alors qu’il n’était pas là, j’ai joué. J’ai fait mes premiers pas de gameuse en incarnant Lara Croft, le temps d’une partie du jeu Tomb Raider. Puis en grandissant, on s’est mis à jouer ensemble. Quand j’ai déménagé en France, je me suis acheté ma propre console. J’ai commencé à jouer à beaucoup de jeux en solo, je n’avais pas beaucoup d’amis. Le COVID est arrivé, ce qui n’a pas arrangé les choses pour se sociabiliser.
Je restais chez moi. C’est là où je me suis vraiment mise à jouer. Je jouais tous les jours, tous les soirs, tout le temps.
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Et la décision de te lancer dans les streams, ça t’est venu comment ?
Depuis mes 12, 13 ans, tous les soirs je regardais des vidéos sur Youtube, Squeezie, principalement. C’est la personne, en France, qui a démocratisé le stream.
Plus tard, quand j’ai commencé à regarder les créateurs de contenu sur Twitch, ça m’a donné envie de faire comme eux : de jouer aux jeux vidéo, de faire de l’animation, de créer un dialogue avec d’autres personnes. Déjà à cette époque, quand je jouais toute seule, je me parlais un peu à moi-même, comme si j’étais devant une caméra.
En 2021, je suis rentrée sur le territoire. Un an et demi après, es a lancé son recrutement. Je me suis dit : « pourquoi ne pas tenter ? ». J’avais beaucoup d’heures de jeu sur Overwatch 2. J’ai passé l’entretien et j’ai été prise.

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L’Esport est devenu un véritable « business », penses-tu qu’il serait possible de vivre de streams Twitch, en Nouvelle-Calédonie ?
Franchement, si tu t’y prends bien, je pense que oui. Il faudrait se dédier entièrement à ça, établir une vraie stratégie de marketing digital, en faisant une grosse campagne de promotion sur les réseaux sociaux. C’est 90% du boulot. Les 10% reposent sur la personnalité du streamer, sa façon d’animer et de créer du lien avec sa communauté.
Les gens, pensent que c’est juste s’assoir à son bureau et jouer à un jeu vidéo. Mais ça va au-delà de ça. Ça demande beaucoup de préparation en amont : que ce soit le décor, le choix des musiques que tu diffuses pour créer une ambiance, le fait d’animer en créant des conversations tout en jouant… ce qui demande de la concentration. S’il n’y a pas tout cela, les gens arrivent sur le live et s’ennuient rapidement donc repartent.
Mais si tout cela est maîtrisé, je pense que même depuis le territoire, il est possible de se créer une assez grosse communauté pour se dégager un revenu, grâce aux dons et aux abonnements, qu’on appelle « sub », souscrits par les abonnés.
Le fait d’être sponsorisé par une ou plusieurs entreprises à qui on rapporte de la visibilité, aide aussi.
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Un dernier mot ou une actu à nous partager avant d’aller retrouver ta communauté ?
Les recrutements pour l’ESNC sont ouverts ! On recherche du staff ou des joueurs spécialistes des jeux Mortal Kombat et Smash Bros. Filles et garçons, n’hésitez pas à nous contacter sur Instagram ou Facebook.
De mon côté, après une petite pause due à une formation professionnelle, je reprends les streams fin avril. N’hésitez pas à me suivre sur mes réseaux sociaux pour en connaître la date exacte. Je suis en train d’organiser tout cela. Aussi, pour toutes ceux et celles qui hésiteraient encore à se lancer, si vraiment ça t’intéresse, fonce !

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