Pendant que VivaTech réunissait cette semaine plus de 15 000 startups à Paris, une autre pièce du puzzle de l’innovation ultramarine se mettait en place au Ministère des Outre-Mer. Le 17 juin, Innovation Outre-Mer (IOM) lançait officiellement son IOM Club : une plateforme communautaire permanente pensée pour connecter les entrepreneurs des territoires, dont la Nouvelle-Calédonie, aux investisseurs, grands groupes et réseaux capables de faire changer leurs projets d’échelle. Un tournant pour un programme qui suit de près les startups calédoniennes depuis plusieurs années. C’est l’heure de twerker sous les sunlights (des tropiques)!

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Dix piges à faire émerger les talents ultramarins

Créé en 2015 par Daniel Hierso avec le soutien de BPI France et IMPACT Partners, Innovation Outre-Mer s’est imposé comme le réseau / concours de référence pour les entrepreneurs des Outre-mer. Le bilan après dix ans est solide : plus de 750 startups et TPE accompagnées, 135 lauréats distingués et plus de 57 millions d’euros mobilisés.

Mais Stéphanie Mareva Failloux, nouvelle présidente d’IOM depuis 2025, préfère insister sur la profondeur du programme plutôt que ses seuls chiffres :

« Je n’aime pas dire concours, parce que justement, la plus grande transformation est que ce n’est plus un concours. L’objectif, c’est de faire rencontrer des investisseurs aux startups pour leur permettre de grandir. Souvent quand nous les voyons, elles n’ont aucune idée de ce que cherche un investisseur et ne sont pas prêtes à leur parler. Nous les préparons pour qu’elles arrivent à lever de l’argent. » – Stéphanie Mareva Failloux, présidente IOM

Et le Caillou n’est pas en reste dans cette dynamique. En 2023, lors de la 8ᵉ édition, trois startups locales s’illustraient : « Terciel » avec les hydroports modulaires d’Hervé Thomas, « Wigo » et la solution de covoiturage insulaire d’Arthur Ceccaldi et Nolann Charles et « IAI« , l’IA appliquée au foncier coutumier, portée par Jannaï Tokotoko. En 2024, ils étaient quatre finalistes, Atoflow, Optimal RHProtecMarine et Neofly, et c’est Neofly qui a décroché le prix dans la catégorie Agrotech pour sa solution de bioconversion des insectes. La Nouvelle-Calédonie et ses entrepreneurs n’étaient donc pas en reste…

Cette année, le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie et ses partenaires ont envoyé 8 startups calédoniennes sur son Pavillon Nouvelle-Calédonie à VivaTech 2026, qui se déroule actuellement à Paris, Porte de Versailles. Huit projets calédoniens à Paris, soit autant de signaux que l’écosystème du Caillou, malgré le contexte difficile traversé par le territoire, continue de produire des idées qui parlent à la France entière et ce, malgré des niveaux de maturité divergents parmi les startups présentes.

L’année dernière, l’édition anniversaire IOM10 s’était tenue en novembre 2025 à Station F, réunissant plus de 500 invités, une vingtaine de fonds d’investissement et des grands groupes comme Engie, Accor, SNCF ou Suez. Rien que ça… Un véritable succès et peut-être le point de départ d’une transformation et d’une réflexion plus profondes : comment passer d’un événement annuel à un écosystème actif 365 jours par an ?

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Le « Club IOM », d’un événement à un réseau permanent

C’est précisément l’ambition de Stéphanie Mareva Failloux, présidente d’IOM depuis 2025. Polynésienne, diplômée de Harvard et de Cambridge, passée par les salles de marché de Paribas, puis de Lehman Brothers à Londres et Paris, elle pose un diagnostic sans détour :

« Mon rôle aujourd’hui, c’est de pérenniser cet écosystème de sorte qu’il survive à Daniel et à moi. On ne peut pas reposer éternellement sur l’énergie des bénévoles. Chaque année, on passe un temps considérable à chercher de l’argent pour fonctionner. C’est du temps qui n’est pas dédié aux porteurs de projets. » – Stéphanie Mareva Failloux pour Outremers360.

Fort de ce constat, la team apporte une réponse claire qui prend la forme de trois nouveaux piliers, dont le premier, l’IOM Club, a été officiellement lancé le 17 juin dernier au Ministère des Outre-Mer, en marge de VivaTech ; les trois piliers poursuivent cet objectif :

  • IOM Club : une nouvelle communauté active toute l’année qui propose des sessions expertes mensuelles avec des investisseurs ou des dirigeants de grands groupes, des événements hybrides accessibles depuis les territoires, du mentorat ciblé. Cette fois, on parle bien d’un réseau, pas d’un concours. Capito ?
  • IOM Advisory : une branche conseil pour les institutions et entreprises souhaitant adresser les enjeux de l’innovation ultramarine et le levier de revenus récurrents qui permettra à l’association de sortir de la dépendance aux subventions publiques. No sub ? Du business !
  • IOM Foundation : un fonds de dotation à impact en construction, sur le modèle anglo-saxon de la venture philanthropy qui mettra à disposition des territoires du capital dédié à des projets à fort impact social ou environnemental dont la rentabilité prendra du temps. Un fonds… à fonds de l’État.

Parmi les projets qu’elle cite en exemple pour illustrer le potentiel du Caillou ? Terciel NC, la startup calédonienne qui construit des hydroports modulaires et relocalisables, une solution taillée sur mesure pour les îles qui a récemment signé un accord avec la Malaisie pour y déployer un aéroport flottant international. Après tant d’années de leasing, on à hâte de voir le résultat !

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Le Club a ouvert ses portes : twerk-session uploaded !

Plus globalement, à l’échelle des Outre-mer et sous l’impulsion et le soutien de la DGOM, la dynamique s’accélère… Côté événementiel, une French Tech Connect Outre-Mer & Océan Indien s’est tenue le 18 juin à VivaTech même, réunissant pour la première fois les French Tech de neuf territoires, dont la Nouvelle-Calédonie, en présence du Ministre des Outre-Mer. Une première historique en présence d’une cinquantaine de startups ultramarines réunies sur un même plateau.

Le prochain grand rendez-vous est déjà fixé : IOM11 se tiendra la semaine du 23 novembre 2026, avec une clôture à Station F le 27 novembre. Les candidatures pour le concours 2026 seront ouvertes dans les prochains mois.

Pour reprendre les mots de Stéphanie Mareva Failloux qui résument mieux que tout l’ambition du Club :

« On n’innove pas juste pour se faire plaisir. On innove parce qu’il y a des sujets, des enjeux sociaux et environnementaux qu’il faut traiter et que les pouvoirs publics et les grandes entreprises ne traitent pas, car il faut casser certains monopoles. »  — Stéphanie Mareva Failloux, au service des territoires.

Si vous portez un projet innovant depuis le Caillou et que vous cherchez à le confronter à des investisseurs nationaux, développer votre réseau ou rejoindre une communauté sérieuse, IOM est le bon wagon à prendre. Rendez-vous sur innovationoutremer.fr pour suivre les prochaines étapes. Et d’ici-là, attention au stroboscope : le Club est ouvert !

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