Cocorico, en voilà une exclu ! La startup néo-calédonienne FireTracking, spécialisée dans la détection précoce des incendies grâce à l’intelligence artificielle, vient d’intégrer la Communauté du Coq Vert de Bpifrance. Une distinction nationale qui récompense son engagement en faveur de la transition écologique… et une première pour l’écosystème tech local.

Elle combat les flammes avec des algorithmes. FireTracking, la pépite technologique née en 2022 en Nouvelle-Calédonie, franchit une nouvelle étape dans sa reconnaissance nationale : la startup, dirigée par Jean-Simon Chaudier, devient la deuxième entreprise calédonienne à intégrer la Communauté du Coq Vert, le label de référence de Bpifrance dédié aux acteurs de la transition écologique et énergétique.

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Qu’est-ce que la Communauté du Coq Vert ?

Ils sont multicolores les coqs de Bpifrance ! Bleu pour l’industrie (French Fab), vert pour la transition écologique, orange pour les créatifs (French Touch), blanc pour la santé (French Care)… sans oublier le rouge pour la French Tech que la banque publique n’a pas encore dans sa basse-cour mais avec qui elle entretient évidemment des liens privilégiés. 

Mais c’est bien du vert qu’il s’agit aujourd’hui. Lancée en 2020 par Bpifrance, en partenariat avec l’ADEME et le ministère de la Transition écologique, la Communauté du Coq Vert fédère les dirigeantes et dirigeants d’entreprises engagés dans la transformation environnementale de leur activité. Qu’il s’agisse d’efficacité énergétique, d’économie circulaire, d’écoconception ou de solutions vertes innovantes, la communauté rassemble aujourd’hui plusieurs milliers de membres à travers la France entière. Rejoindre ces familles, ces réseaux, c’est avant tout accéder à un réseau de pairs, à des ressources de formation, à une visibilité nationale et à des opportunités de financement.

Et l’adhésion est loin d’être automatique : elle est gratuite, mais sélective. Pour en faire partie, une entreprise doit démontrer soit qu’elle a concrètement entamé sa transition écologique, via un soutien ADEME ou Bpifrance, ou un label reconnu par exemple, soit qu’elle développe des solutions technologiques permettant d’accélérer cette transition. Et c’est là que notre champion de la “GreenTech”, FireTracking, se pose en fier Coquelet puisque c’est Frédéric Langlade, « himself », qui lui a remis son « trophée » la semaine dernière au sein de locaux de Bpifrance Pacifique.

« FireTracking est une solution qui est accompagnée par Bpifrance depuis maintenant 4 ans, et en tant que représentant de Bpifrance sur la zone, je suis ravi d’intégrer Jean Simon, au sein de notre communauté du Coq Vert. Cette communauté qui compte aujourd’hui plus de 3000 ambassadeurs en France, réunit des patrons militants et engagés pour le climat. A ce titre, je suis certain que Jean Simon saura porter très haut les couleurs de la Nouvelle Calédonie, puisque le territoire vient de trouver un nouveau patron militant. » – Frédéric Langlade, remet le label à la place d’Emmanuel Macron.

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FireTracking, un lancement “made in NC” pour un export international

Fondée en 2022 par Jean-Simon Chaudier, ingénieur passé par l’École des Mines de Nancy et ancien consultant en intelligence artificielle, FireTracking est née d’un constat alarmant : chaque année, plus de 1 000 km² partent en fumée en Nouvelle-Calédonie, soit autant que sur l’ensemble du territoire hexagonal. Une problématique écologique liée aux conséquences du changement climatique qui concerne aussi bien nos voisins que l’ensemble des pays du monde entier. 

La réponse de FireTracking ? Des caméras installées sur des points hauts, pylônes télécom, châteaux d’eau… qui sont ensuite connectées à une intelligence artificielle capable de détecter un départ de feu en moins de trois minutes, jusqu’à 20 kilomètres de distance et avec moins de 10 % de fausses alertes. Cot cot… Et il faut ajouter que l’IA sait distinguer une fumée d’incendie d’une cheminée, d’un nuage ou même de votre petite session barbecue entre potos. Et pour les départs de nuit, les caméras sont capables de détecter les points lumineux anormaux. Enrobez le tout dans un système qui fonctionne 24h/24, même avec une connexion 4G minimale, et vous aurez la recette d’une inno qui sent bon la (future ?) licorne.

« C’est une fierté pour FireTracking de rejoindre cette communauté de leaders inspirants engagés pour le climat et la préservation des biodiversités ! Je tiens à remercier toute l’équipe qui m’accompagne dans le développement de notre startup : bravo Guillaume, Franck, Anne-Cécile et tous ceux qui, de près ou de loin, contribuent à ces succès ! » – Jean-Simon, team player loin d’être vert de honte !

Un emblème multicolore pour une tech française bleu-blanc-rouge (et verte, et jaune) !

Déployée en premier lieu au Mont-Dore, la solution a rapidement fait ses preuves : depuis son installation, aucun incendie majeur n’y a été recensé, les pompiers étant alertés en quelques minutes. Côté « money », autre argument massue : une heure et demie de vol d’hélicoptère anti-incendie revenant au prix d’une année entière d’abonnement à la solution FireTracking : l’argument économique est aussi percutant que l’argument écologique. Forte de ses résultats calédoniens, FireTracking a rapidement conquis de nouveaux marchés. La startup, qui a participé à VivaTech 2025 avec la New Caledonian Tech, puis à ChangeNOW 2026 avec la Pacific Tech est aujourd’hui l’une des vitrines tech du territoire. 

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Export international : un signal fort pour l’écosystème tech calédonien

Au-delà de ces aspects technico-tactiques, FireTracking prouve également qu’il est possible de sortir de notre “bac à sable” de marché ; ainsi, en décembre 2024, la solution innovante à remporté le marché public du département d’Indre-et-Loire au sein d’un consortium avec Emerton Data et Axione pour déployer un système de surveillance sur l’ensemble de ses massifs forestiers de la région. Douze sites de surveillance couvrent aujourd’hui environ 95 % des espaces boisés du département qui est pour sa part confronté à plus de 300 départs de feu chaque année. On ne dira pas tout mais d’autres régions pourraient bientôt suivre. Le chant du coq arrive à la bonne heure… 

De plus, cette technologie pourrait également ne pas se limiter aux seuls incendies ; en effet, les caméras de FireTracking peuvent aussi détecter des zones touchées par des inondations, des éboulements ou des tempêtes ou… des incendies urbains ; bref, la solution se présente comme une réponse globale aux défis posés par le dérèglement climatique (et parfois social). En intégrant la Communauté du Coq Vert, FireTracking devient la deuxième entreprise néo-calédonienne à obtenir cette distinction après Biscochoc. Un signal fort pour un territoire encore en quête de reconnaissance sur la scène nationale de l’innovation.

Pour Jean-Simon Chaudier et son équipe, ce label n’est pas qu’un titre honorifique : c’est un accès à un réseau d’entrepreneurs engagés, à des formations exclusives co-construites avec des grandes écoles, à des opportunités de mise en relation avec des investisseurs, des partenaires et des collectivités. Autant de ressources précieuses pour une startup qui entend désormais étendre son impact bien au-delà du Pacifique et qui travaille actuellement sérieusement sur une levée de fonds. Une autre occasion de chanter au lever du jour ? 

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