Et si former les community managers de demain, c’était aussi construire l’économie numérique du Caillou ? C’est le pari que tiennent Romane Vidal et Thelma Ouvrard, professeures d’éco-gestion au Lycée Saint-Pierre Chanel de La Conception. Entre une FCIL Community Manager affichant 100 % de placement en entreprise dès sa première année, des bootcamps inter-lycées qui sentent bon l’agence digitale et une formation qui évolue déjà vers un Certificat de Spécialisation bac +1, les deux enseignantes ne font pas que suivre la vague numérique : elles la créent ! Rencontre avec deux femmes « inno-pédago » qui prouvent qu’on peut former aux métiers d’avenir sans quitter le Pacifique. Trend !
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Bonjour Romane, bonjour Thelma. Avant de parler pédagogie, pouvez-vous vous présenter et nous dire ce qui vous a amenées à enseigner le numérique en Nouvelle-Calédonie ?
Romane Vidal : Je m’appelle Romane Vidal, je suis professeure d’économie-gestion option commerce-vente au Lycée Saint-Pierre Chanel. Ça fait maintenant deux ans que je travaille sur cette formation et elle occupe une place centrale dans mon programme. Mon parcours est vraiment à la croisée de deux mondes : une formation en marketing et communication avec un master Marque et Innovation à l’ISCOM à Bordeaux et des expériences pro concrètes qui m’ont donné le goût du terrain. C’est cette double casquette qui nourrit mon enseignement. Je sais ce qu’on attend de ces profils en entreprise et j’essaie de le transmettre le plus tôt possible à mes élèves.
Thelma Ouvrard : Moi c’est Thelma Ouvrard, je suis également en éco-gestion, mais j’interviens sur des formations un peu différentes… J’interviens en particulier sur la FCIL Community Manager, une formation en alternance d’un an organisée sur un rythme de deux jours de cours et trois jours en entreprise. J’enseigne aussi auprès des filières Métiers de l’Accueil et AGOrA. Ce rythme d’alternance, c’est vraiment ce qui donne du sens à tout ce qu’on construit pédagogiquement : les étudiants reviennent du terrain avec des questions concrètes, et ça change tout !



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Justement, parlez-nous de cet établissement et de ces formations. Qu’est-ce qui rend Saint-Pierre Chanel singulier dans le paysage éducatif calédonien ?
Romane : L’établissement accueille plus de 300 élèves et propose des formations allant du CAP jusqu’au post-bac. Ce qui rend Saint-Pierre Chanel singulier dans le paysage éducatif calédonien, c’est sa capacité à faire évoluer son offre de formation en fonction des besoins réels du territoire. Nous sommes très attentifs aux attentes des entreprises et aux perspectives d’emploi pour nos jeunes.
Nous accordons également une grande importance à l’accompagnement des élèves. Grâce à des effectifs à taille humaine, nous pouvons suivre chaque jeune dans son parcours, valoriser ses compétences et l’aider à construire son projet professionnel ou de poursuite d’études.
La FCIL Community Manager est un bon exemple de cette philosophie. Elle est née en 2025 d’un constat simple : le marché de l’emploi calédonien manquait de profils formés aux métiers du numérique. Plutôt que de subir ce manque, nous avons choisi d’y répondre concrètement en créant une formation accessible à tous, quel que soit le parcours de départ.
Thelma : Et les chiffres confirment cette dynamique : aujourd’hui, 100 % de nos étudiants trouvent une entreprise d’accueil. Cette année, nous avons même reçu davantage de demandes d’entreprises que nous n’avions d’étudiants à placer. C’est un indicateur fort de l’adéquation entre la formation et les besoins du marché.
« Cette réussite nous encourage à aller plus loin. Dès l’année prochaine, la FCIL évoluera vers un Certificat de Spécialisation SNO (Services Numériques aux Organisations) de niveau bac +1. Cette évolution témoigne de la reconnaissance grandissante des métiers du numérique et de notre volonté de proposer des formations toujours plus adaptées aux enjeux de la Nouvelle-Calédonie. » – Thelma et… Romane
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Au quotidien, comment se traduit concrètement votre volonté de lier numérique et pédagogie ?
Romane : Je place les élèves dans une démarche active dès le départ. Création de contenus, travail collaboratif, éducation aux médias, stratégie numérique… Les outils numériques ne sont pas un module à part ils sont le fil conducteur de l’année.
« Pour moi, innover pédagogiquement, c’est rendre les jeunes acteurs de leurs apprentissages, pas spectateurs. » – Romane, inno-pédagogue



Thelma : Nous faisons aussi intervenir des professionnels régulièrement, en moyenne une fois par mois : entrepreneurs, spécialistes de la communication digitale, coachs… Parmi eux, lors du bootcamp, nous avons eu Éric Olivier de Skazy, Sydney, consultante indépendante en communication, ou encore Charlotte Ullmann de la SECAL, qui est intervenue sur le travail du pitch. Ces rencontres valent autant que n’importe quel cours magistral.
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Parlons justement du Bootcamp, que vous venez d’organiser pour la deuxième fois. Comment est né ce projet et quelle en est l’ambition ?

Romane : L’idée de départ, c’était de créer un temps fort qui sorte les étudiants du cadre habituel pendant deux jours intenses et en collaboration avec une autre école. Nous avons naturellement associé la FCIL Web Design du lycée François d’Assise de Bourail, dont les compétences sont complémentaires aux nôtres : eux sur la création de sites, nous sur la stratégie de contenus et les réseaux sociaux. Ensemble, ils peuvent répondre à une vraie problématique professionnelle de A à Z.
Thelma : La question centrale posée aux équipes était :
« Comment améliorer la visibilité d’une organisation locale en Nouvelle-Calédonie grâce au digital ? Construire une présence en ligne cohérente, simple et exploitable. »
Concrètement, les missions couvraient la définition d’une identité visuelle, l’élaboration d’une stratégie éditoriale pour les réseaux sociaux, la réalisation d’un prototype de présence web et un pitch oral final pour défendre le tout. Du vrai travail d’agence.
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Comment les étudiants ont-ils vécu ces deux jours ?
Romane : L’événement s’est très bien déroulé et ce qui nous a le plus frappées, c’est la progression des étudiants au fil des heures. On les a vu gagner en confiance, oser des idées, s’organiser en équipe face à une vraie contrainte de temps. Il y a quelque chose de particulièrement gratifiant à les observer passer du doute à la fierté du travail accompli surtout quand ce travail bénéficie concrètement à des organisations calédoniennes !
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Plus largement, quel regard portez-vous sur la place du numérique dans l’enseignement en Nouvelle-Calédonie aujourd’hui ?
Romane : Le numérique est devenu incontournable dans les parcours éducatifs et je pense que la Nouvelle-Calédonie a pris conscience de cet enjeu. Mais au-delà de la maîtrise des outils, ce qu’on cherche vraiment à développer chez nos étudiants, c’est l’esprit critique et la capacité d’adaptation. Les plateformes changent, les algorithmes évoluent, ce qui ne change pas, c’est la nécessité de comprendre pourquoi et pour qui on communique…
Thelma : … et la demande des entreprises confirme cette tendance. Former des jeunes à ces métiers d’avenir, c’est aussi contribuer à l’économie numérique du territoire. C’est un rôle qui nous tient vraiment à cœur.
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Un dernier mot pour nos lecteurs ?
Retrouvez-nous en septembre à Bourail pour une nouvelle participation au Créathlon organisé par le LPFA. Après avoir reçu le prix « Coup de cœur » du Maire de Bourail l’an dernier, nous revenons avec encore plus d’ambition et l’objectif de ramener la coupe à La Conception !
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Plus d’info :
- Pour suivre les projets et les réalisations de nos étudiants, rendez-vous sur les réseaux sociaux : TikTok @FCIL.CM et @LPCHANEL.NC, et Facebook Lycée Saint-Pierre Chanel – La Conception.
- Vous souhaitez rejoindre la prochaine promotion ? Les candidatures sont ouvertes sur parcoursup.nc. Rendez-vous sur la plateforme pour découvrir les formations et saisir vos vœux à partir du 26 août.
