Et hop, c’est reparti pour un tour… de la Nouvelle-Calédonie ! Pour la deuxième année consécutive, la Caravane de l’Entrepreneuriat s’est élancée de Nouméa pour une boucle de deux semaines et dix étapes dans un savoureux “terre-mer” que n’aurait pas renié le chef Kocé.

Au menu ? Une semaine en (cara)van et une semaine en cata(marrant) sur le pont du Nautilus, en compagnie d’une classe de 1ère du lycée Jules Garnier et en direct-live des écoles primaires, collèges, lycées et tribus du Caillou. Retour sur une épopée pédagogique qui a fait de l’entrepreneuriat son étendard et de la sensibilisation sa mission. 

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Oser, faire et entreprendre… 

Le matin du 7 septembre 2026 régnait une ambiance particulière au Lapérouse, le “LAP” pour les intimes ; en effet, sous le faré central de la cour de récré, alors que s’ébattent joyeusement les jeunes dans leurs jeux d’adolescence, un parterre de chaussures cirées et d’airs sérieux s’étaient rassemblés autour d’une petite blonde qui paraissait dopée au Red Bull. Julie Micheli, professeur(e) au lycée Jules Garnier et instigatrice émérite du Parcours Entrepreneurs, s’agitait ainsi au milieu des partenaires et des « bénévoles-mentors-accompagnateurs » en diffusant une bonne humeur communicative. Après les discours d’usage et les courbettes de passage, l’aventure pouvait commencer…

« Nouméa, Dumbéa, Thio, Bourail, Houailou, Poindimié sur roues, puis Ouvé, Lifou, Mare et l’Île-des-Pins sur double coques » : le périple du “Catavane” pouvait débuter… 

Alors que l’année passée, le Nord, la côte Est et le Sud avaient été mis à l’honneur, cette année, la première nouveauté résidait donc dans la navigation vers les Loyautés et l’Île-des-Pins avec une équipe consolidée : une demi-douzaine d’accompagnateurs-mentors motivés encadraient l’intégralité de la classe de 1ère de “LJG” en fonction de roulements savamment orchestrés. Leur mission commune ? Passer les matinées dans les établissements scolaires et les après-midis en tribus afin de sensibiliser les jeunes (et moins jeunes) à la thématique de l’entrepreneuriat sous ses différentes formes. 

Ateliers interactifs animés par les lycéens de Jules Garnier sous la direction bienveillante d’une singlette féminine composée de Julie Micheli, Bénédicte Barret, Valériane Henry, Michelle Homboé, Marine Cugola, Lydia Gracia, Sabrina et Inès Gutierrez ; sans oublier Aurélien Lalanne et Guillaume Terrien aux casquettes diverses, en duo de mentors responsables des tomates farcies et caméras documentaristes. Autre nouveauté “made in 2026”, les classes de primaire étaient également concernées par ces sessions interactives, aussi ludiques que pédagogiques, et les jeunes élèves de Bourail, d’Ouvéa ou de l’Île-des-Pins ont positivement réagi aux exercices proposés. Parce qu’on peut oser à tous les âges et que les rêves se construisent dès l’enfance… 

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De la vision à la mission ! 

A chaque étape, ses spécificités mais le constat équivaut pour chacune d’entre elle : le message passe, les exercices captivent, les discours percutent et l’accueil est toujours aussi favorable, qu’il provienne des professeurs des écoles, autant que des coutumiers et des tribus. Face au relatif abandon de certains et à une situation économique complexe, l’entrepreneuriat ressemble fort à une chance de gagner en autonomie financière et à une opportunité de prendre son “destin” en main ; et ça, les publics rencontrés l’ont bien compris puisque des idées de commerce de proximité, en passant par les solutions liées à la mobilité, sans oublier le tourisme, l’artisanat ou encore l’agriculture, chacune des personnes rencontrées a clairement su identifier les besoins et penser les entreprises qui pourraient y répondre. Et qu’on ne dise pas que l’entrepreneuriat, c’est l’éloge de l’individualisme car nombre des solutions proposées par les Calédoniens ont intégré la communauté au sein de leurs idées de business. Seul, on va plus vite (et encore…) mais ensemble, on va plus loin (et oui !). 

Au-delà de ces jeux pédagogiques et des centaines de personnes sensibilisées, la Caravane de l’Entrepreneuriat reste le “side-event” médiatisé d’une mission plus complète ; issue du Parcours Entrepreneurs, testé depuis maintenant deux ans auprès des lycéens avec un réel succès auprès des jeunes, la Caravane est la bribe starifiée d’une vision plus globale. En 2026, la cible lycéenne a ainsi également été rejointe par le lancement de la FCIL Entrepreneuriat et du programme “EPA” – “Entreprendre Pour Apprendre” – qui s’adressent respectivement aux profils post-bac à travers une formation intensive sur six mois et aux primaires à travers des séquences éducatives dès le plus jeune âge. 

Aussi, il faut considérer le projet dans sa globalité pour comprendre la vision novatrice de Julie Micheli : il ne s’agit pas d’agiter l’entrepreneuriat comme un simple joujou pédagogique mais bien de créer un parcours éducatif autour de l’esprit d’entreprise, de 7 à 77 ans, qui s’adresse à tous les Calédoniens, quelles que soient leurs origines, leur parcours scolaire / professionnel et/ou leurs besoins. Madame Micheli ne serait-elle donc elle-même cette jeune entrepreneuse qui a identifié un besoin social pour y apporter une réponse pédagogique ? Prof’ à temps plein, entrepreneuse « qui ne se sait pas » : voilà quelqu’un qui ne tient pas (que) des grands discours mais qui, en l’espace de quelques mois, aura posé un jalon concret pour le territoire et sa jeunesse. Peut-on en dire autant de tout le monde ? 

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La Caravane passe et les chiens… l’accompagne ! 

Il faudrait un roman pour raconter en détails chaque étape de cette Caravane et un recueil de nouvelles pour conter les émotions vécues pendant ces deux semaines au cœur de cette aventure humaine… mais un nouveau documentaire suffira peut-être à capter l’essence même de cette épopée pédagogique où tous âges, tous profils, tous entrepreneurs se sont rencontrés pendant quinze jours autour d’une “mission commune” : redonner confiance à une jeunesse qui n’ose plus. Remettre en mouvement les rêves de solidarité de populations et ancrer dans les esprits que créer une entreprise, ce n’est pas juste “faire du business”.

Entreprendre, c’est justement “FAIRE” et, en Nouvelle-Calédonie, ceux qui oseront faire seront sans doute ceux qui, demain, (re)construiront un pays en rassemblant ses multiples facettes. La Caravane est passée et les chiens l’ont accompagnée !