Et si la révolution numérique n’était pas réservée qu’aux grandes entreprises ? C’est le pari qu’a fait Pierre Plassier en créant l’agence “Brick”, en 2021, à Nouméa ; cette agence de développement spécialisée dans les logiciels métier sur mesure et l’automatisation par l’IA a été pensée pour les TPE et les patentés qui n’ont ni le budget nécessaire, ni le temps de se perdre dans des outils inadaptés.

Depuis cinq années, Pierre a construit sa boîte brique par brique, en solo, avec une conviction chevillée au corps : un client mérite un outil qui lui ressemble, des données qui lui appartiennent et un interlocuteur disponible dans le bon fuseau horaire. Depuis un mois, il a été rejoint par Xavier Fabbro, son nouvel associé, pour accélérer sur la partie IA. Tentative de connexion en cours… 

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Bonjour Pierre ! Bienvenue sur NeoTech ! Pour commencer, est-ce que tu peux te présenter à nos lecteurs et partager quelques dates clés de ton parcours ?

Salut à tous, merci de me recevoir sur NeoTech ! Je m’appelle Pierre Plassier, j’ai 34 ans et je suis arrivé en Calédonie en 2018. Après avoir travaillé dans une agence locale, j’ai créé Brick en septembre 2021 : ça fait donc déjà cinq ans. Dernièrement, j’ai été rejoint dans la société par Xavier Fabbro qui est maintenant mon associé. Notre ambition ? Développer des solutions métier personnalisées pour les TPE et PME.

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Et ton parcours de dev, il vient d’où ?

A l’origine, j’ai fait une école de commerce et, petit à petit, je me suis formé sur le tas en parallèle. J’ai toujours eu des projets à côté des mes études : développer des petits sites web pour le fun par exemple… Et puis j’ai commencé à bosser dans l’industrie musicale à la sortie de mon école, notamment autour des sujets “com”, “dev”, “sites web” pour des artistes, “newsletters”, un peu de “front-end”… 

En arrivant ici en 2018, j’ai bossé pour une agence de communication et je me suis vraiment remis à coder quand j’ai lancé Brick. Et c’est là que le déclic s’est produit car, en réalité, j’ai toujours voulu entreprendre. A l’époque, en voyant ce qui existait ici en matière de logiciels de gestion, je me suis dit qu’il y avait un vrai besoin, notamment du côté des petites structures et c’est ce qui m’a poussé à me former sérieusement sur cette partie-là.

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Tu es le fondateur de Brick, une agence spécialisée dans les logiciels métier sur mesure et l’IA opérationnelle. Qu’est-ce que vous proposez concrètement, et à qui s’adressent vos services ?

Au départ, je me suis rendu compte qu’il y avait un gros besoin chez les petites entreprises calédoniennes, quasiment toutes les TPE, à propos des outils de gestion, des ERP, des CRM. La plupart utilisaient des tableaux Excel ou des outils clairement dépassés. L’idée, c’était donc de leur proposer quelque chose d’accessible, de simple d’utilisation et surtout d’adaptable à leurs métiers et problématiques.

C’est ce constat qui m’a orienté vers l’open source : des outils que je peux modifier, développer pour vraiment les adapter au client. Du “sur-mesure” pour des boîtes qui n’étaient pas dans le viseur des éditeurs de logiciels classiques. Aujourd’hui, j’ai également développé toute la partie automatisation et IA. D’un côté l’ERP, de l’autre l’automatisation… et le but c’est de pouvoir proposer ça à n’importe quelle société, même si ce n’est pas le logiciel qu’on propose habituellement.

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Sur ton site, tu affiches trois valeurs : le métier, la souveraineté et la présence locale. Tu peux nous expliquer pourquoi ces trois-là ?

Le métier, c’est mon approche client. Je ne vends pas un produit sur étagère : j’écoute ce que fait le client et je construis et développe ce dont il a vraiment besoin. Même si ça n’existe pas encore aujourd’hui, on se donne pour mission de le faire.

La souveraineté, c’est une conviction forte : les données appartiennent au client, point. On est sur de l’open source donc il n’y a pas de dépendance à une maison mère en France, pas de licence qui peut disparaître du jour au lendemain… Si demain je fais faillite ou je pars, le client doit pouvoir récupérer toutes ses données. Pour moi, c’est obligatoire, pas optionnel.

Et la présence locale, c’est ce qui nous a vraiment permis de grandir. Beaucoup de prestataires en logiciels ne sont pas présents sur le territoire, ils sont calés sur le fuseau horaire français. Nous, on est disponibles du matin au soir, on peut se voir physiquement et ça, ça plaît énormément à nos clients ! 

Brick
Brique par © Brick

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Il y a d’autres boîtes qui font ça en Calédonie. Comment tu te différencies ?

J’ai remarqué que beaucoup d’acteurs ciblent les PME, les grosses entreprises, voire les institutions. Très peu vont vraiment voir les petites boîtes comme la SARL de trois ou quatre personnes… Personne ne va vraiment les démarcher, les écouter. On est peut-être trois ou quatre à le faire vraiment localement. Et c’est comme ça que j’ai réussi à me démarquer : en allant voir les TPE, en les écoutant, en construisant avec elles… Aujourd’hui, notre base de clients chez les très petites entreprises est solide et l’objectif c’est de monter en gamme sur la partie automatisation pour des structures plus importantes.

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Parlons automatisation… Comment tu définirais le terme et comment tu l’utilises concrètement ?

L’automatisation, telle qu’on la pratique, c’est l’action d’inspecter une société, d’identifier les tâches redondantes et de mettre en place des outils – ou de connecter des outils existants entre eux – pour supprimer ces tâches et faire gagner du temps. J’ai commencé par connecter des outils entre eux : Gmail, Dropbox, l’ERP… pour éviter les transferts de données manuels. Aujourd’hui, on crée des outils autonomes qui réalisent des tâches via l’IA. Donc des gains de productivité rapides… 

Un exemple concret ? La saisie comptable. On a développé un outil d’OCR, la reconnaissance optique de caractères, qui permet de scanner les factures d’achat et fournisseurs et de les envoyer directement en données dans le logiciel de comptabilité. Plus de saisie manuelle. Zéro. C’est simple et tellement efficace ! 

On développe également VOX, un outil de dictée vocale boosté à l’IA dédié aux artisans, afin de leur faciliter l’édition de devis. 

Brick
Le nouveau e-jouet des artisans © Brick

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L’IA a clairement changé ton métier de développeur. Quelles sont les mutations les plus profondes que tu constates ?

La vraie révolution concerne l’acte de coder en lui-même. Ce qui a changé, ce n’est pas la gestion de projet ou de la relation client qui évolue mais ne disparaît pas. Ce qui disparaît, c’est l’écriture ligne par ligne de code. Et là, depuis quelques mois, on est dans une seconde révolution avec des outils comme Claude Code, des technologies qui vont encore plus loin…

Avant, on avait ChatGPT qui hallucinait beaucoup sur le code, qui envoyait des trucs truffés de bugs. Avec Claude Code, il y a eu un vrai gap en décembre-janvier. Ce n’est pas parfait, il faut toujours vérifier mais, globalement, la différence de qualité est énorme et je pense que tout développeur sera d’accord là-dessus.

Concrètement, beaucoup de développements que je sous-traitais auparavant, je les internalise maintenant. Je suis plus réactif, je propose plus de services et je suis plus proche de mes clients. C’est gagnant-gagnant pour toutes les parties. 

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Comment tu analyses la transformation numérique des entreprises calédoniennes, et notamment des TPE ?

On sent qu’il y a une seconde révolution en cours depuis début 2025. Elle est adoptée progressivement par les sociétés calédoniennes. Je vois de plus en plus de boîtes qui proposent des outils IA, de l’audit, de l’implémentation…

Prenons les artisans ou le BTP, un tissu économique qui est très important ici. Ces métiers-là ont tout à gagner avec l’automatisation : gagner du temps, être plus sur le terrain, moins dans l’administratif. Et je ne pense pas que la Calédonie va vivre ça différemment du reste du monde. La transformation va arriver, avec peut-être un tempo légèrement décalé sur le secteur public dans un premier temps.

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Pour finir, une dernière actualité à partager avec nos lecteurs ?

Oui ! Le grand changement du moment, c’est l’arrivée de Xavier. Pendant cinq ans, j’ai piloté le bateau seul. Entreprendre seul, c’est enrichissant mais exigeant. Xavier me rejoint pour développer spécifiquement la partie automatisation et IA.

C’est quelqu’un qui est très au fait de toutes les innovations qui arrivent chaque semaine… et là où j’ai souvent la tête dans le guidon, lui a le recul nécessaire pour me diriger vers de nouveaux outils et de nouvelles pratiques. Et en prime, c’est lui qui a fait le nouveau site que je vous encourage à aller visiter !

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