Jeudi soir, à l’auditorium de la CCI NC, il n’était pas question de startup en mode licorne, ni de levée de fonds en costume. Juste d’une prof-entrepreneuse insomniaque et de lycéens qui ont compris qu’ils pouvaient changer le monde. Des élèves qui ont arrêté de décrocher parce qu’ils avaient enfin quelque chose à construire.

Jeudi soir, Julie Micheli et sa vaste fanbase, en compagnie du Vice-rectorat de la Nouvelle-Calédonie, ont lancé officiellement le « Continuum Entrepreneuriat Jeunesse » – une première dans le Pacifique ! – à l’occasion de l’avant-première du documentaire La Caravane de l’entrepreneuriat, co-produit par NeoMedia et le Lycée Jules Garnier, en partenariat avec NC la Première. Rien que ça !

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Du CP à la FCIL : bienvenue dans le pipeline des entrepreneurs de demain

Il n’y avait pas de tapis rouge mais une salle pleine de t-shirts bleus à l’effigie du Lycée Jules Garnier. Dans l’auditorium de la CCI NC, la formation à l’entrepreneuriat calédonien prenait ses nouvelles lettres de noblesse autour d’une idée est aussi simple qu’ambitieuse : créer, pour la première fois en Nouvelle-Calédonie, une filière cohérente et continue d’éducation à l’entrepreneuriat, du primaire jusqu’au post-bac. Pas une série d’initiatives éparpillées aux quatre coins du territoire. Un vrai continuum. Trois briques, un édifice :

« Pour la première fois en Nouvelle-Calédonie, on pense l’entrepreneuriat des jeunes comme un continuum de vie, pas comme une série d’initiatives isolées. Et c’est exactement ce dont notre territoire a besoin pour se reconstruire. » – Julie Micheli, animatrice en pleine transformation digitale.

Le triptyque, c’est ça : Entreprendre pour Apprendre (EPA) dès l’école primaire, le Parcours Entrepreneurs au lycée Jules Garnier, et la FCIL Entrepreneuriat Calédonien pour les 18 ans et plus. Trois dispositifs, un seul credo : « Chacun a le pouvoir d’entreprendre en Nouvelle-Calédonie. ». Une belle occasion de créer des vocations et d’affirmer haut et fort qu’avec « un brin de motivation et d’ambition, tout le monde peut devenir entrepreneur« .

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Graine d’entrepreneur : ça commence en classe de CM1

Et pour commencer, les tout-tout petits avec la première brique, la création d’une antenne de l’association national Entreprendre pour Apprendre, désormais implantée en Nouvelle-Calédonie avec le soutien du Vice-rectorat. Le principe ? Des enseignants du primaire au lycée font émerger de vraies mini-entreprises fictives dans leurs classes, épaulés par des dirigeants du territoire qui viennent témoigner et coacher. On parle de 26 mini-entreprises visées en 2026, pour des élèves de 8 à 18 ans, sur des parcours allant de trois jours à une année scolaire entière.

« Quand un enfant de 10 ans crée sa première mini-entreprise avec ses camarades, il ne voit plus l’école de la même façon. Il comprend qu’il peut agir sur le monde qui l’entoure. C’est exactement le terreau dont la Nouvelle-Calédonie a besoin pour construire son avenir. » – Inès Gutierrez, Michelle Homboé et Bénédicte Barret, Women in Leadership, enseignantes, entrepreneures et dirigeantes de l’Association Entreprendre pour Apprendre NC

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Jules Garnier, lycée pilote de la révolution entrepreneuriale

La deuxième brique, c’est le Parcours Entrepreneurs, développé sur trois ans (de la Seconde à la Terminale) au Lycée Jules Garnier, établissement pilote du dispositif depuis deux ans déjà. Les élèves y passent par toutes les étapes : émergence d’idée, business plan, plan de financement, ateliers mensuels, stages en entreprise et mentorat intensif, développement personnel, et tutti quanti… Cette année, 75 élèves y participent, accompagnés par 20 entreprises mentors. Et pour le coco sur le gâteau ? Le programme contribue directement à la lutte contre le décrochage scolaire.

C’est ce Parcours Entrepreneurs qui est à l’origine de la Caravane de l’entrepreneuriat, un documentaire de Guillaume Terrien (NeoMedia), projeté en avant-première pour l’occasion, qui raconte le voyage initiatique à travers les yeux d’un lycéen du Parcours Entrepreneur, Darius, et de l’équipe pédagogique de la Caravane, ainsi que des entrepreneurs qui ont sillonné la Grande Terre, caméra au poing et projets entrepreneuriaux en bandoulière.

« Des élèves qui ne voyaient pas d’avenir pour eux se sont mis à construire des projets, à les présenter devant des mentors et des chefs d’entreprise. L’entrepreneuriat est une voie d’émancipation. Et en Nouvelle-Calédonie, c’est aussi un levier de réconciliation par le projet commun. »– Michel Lehouillier, Proviseur du Lycée Jules Garnier

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La FCIL : 400 heures pour transformer l’envie en réalité

La troisième brique est peut-être la plus originale. La FCIL Entrepreneuriat Calédonien, pour « Formation Complémentaire d’Initiative Locale« , est une formation intensive de 6 mois, comprenant 9 modules et 400 heures, également pilotée par Jules Garnier. Sa particularité ? Elle s’adresse à tout le monde : bacheliers ou non, salariés, décrocheurs scolaires, jeunes en reconversion. La seule condition ? Avoir 18 ans et… une idée de projet. Cette année, 15 porteurs de projets entre 18 et 25 ans s’y sont frottés et au bout du chemin, de vrais dossiers sont présentés devant de vrais investisseurs.

« C’est la brique finale du Continuum : transformer l’envie d’entreprendre en réalité calédonienne. »Naomi Daculsi, entrepreneure et co-coordinatrice de la FCIL

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Des super-women pour un super-continuum © Lycée Jules Garnier

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Un documentaire pour témoigner et raconter…

Pour marquer le lancement, une avant-première du documentaire La Caravane de l’entrepreneuriat, un voyage initiatique au cœur de la Grande Terre, co-produit par NeoMedia et le Lycée Jules Garnier, en partenariat avec NC la Première, a donc été projeté en présence des participants, des élèves du Lycée et d’un public venu en nombre pour (re)découvrir l’initiative et s’imprégner de ce Parcours dont on a beaucoup entendu parler.

entrepreneuriat jeunesse Nouvelle-Calédonie

26 minutes qui ont permis d’embarquer les invités au coeur même du projet, de valoriser les acteurs rencontrés sur les routes de l’ensemble de la Nouvelle-Calédonie mais également de dévoiler les contours d’échanges concrets, de besoins évoqués et de rappeler que les entrepreneurs peuvent créer sur l’ensemble de la Nouvelle-Calédonie. Le pitch : un film, un territoire, des jeunes qui n’attendent plus qu’on leur dise que c’est possible. Parce qu’en Nouvelle-Calédonie, le meilleur investissement, c’est peut-être celui qu’on fait dès le CP !

Après ce teasing, RDV le 11 juin à 20h sur NC la 1ère…

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Un pari sur l’avenir du Caillou !

Il y a quelque chose de profondément juste dans ce que le Lycée Jules Garnier et le Vice-rectorat viennent de poser sur la table. Sur un territoire qui cherche ses repères économiques et ses modèles de développement, le « Continuum Entrepreneuriat Jeunesse » ne se contente pas de former des créateurs d’entreprise, mieux il fabrique une culture. Celle de l’initiative, de la responsabilité, du projet collectif.

De l’enfant de dix ans qui découvre qu’une idée peut devenir un produit, au jeune adulte de 23 ans qui présente son business plan devant des investisseurs après six mois de formation intensive, le fil est désormais continu. Trois programmes, trois publics, un seul objectif : que chaque jeune calédonien comprenne qu’il a sa place dans l’économie de son territoire et, désormais, les outils et les ressources pour la prendre.

C’est aussi ça, la force du dispositif : il ne mise pas sur les meilleurs élèves, les plus diplômés ou les plus connectés. Il s’adresse à tous – le gamin de CM1 en tribu, le lycéen qui décroche, le jeune sans bac qui a une idée mais pas de chemin… En ce sens, le Continuum n’est pas qu’un programme scolaire. C’est un pari sur l’avenir d’un Caillou qui a besoin, plus que jamais, de croire en sa propre capacité à se réinventer.

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