Quiz, serveurs dans le bain et petites claques numériques … mercredi soir à la Station N, une question flottait dans l’air :
peut-on continuer à numériser nos vies sans exploser la facture écologique ?
C’était tout l’objet de la conférence « Numérique responsable : un levier pour votre entreprise ? », organisée avec la CCI Nouvelle-Calédonie et TotalEnergies Renewables.
Au menu : un format plutôt malin. Un peu de pédagogie, beaucoup d’exemples concrets… et quelques chiffres qui ont visiblement fait lever des sourcils dans la salle. Spoiler : nos mails ne sont pas les pires coupables ! Le vrai poids environnemental du numérique se cache ailleurs : dans la fabrication des appareils, dans les infrastructures… et dans les data centers qui font tourner tout ça. Et dès les premières minutes de la soirée, quelques chiffres vont sérieusement remettre les idées à l’endroit.
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Un quiz pour la mise en bouche
Pour ouvrir la soirée, Maeva Leroux, chargée de projets Compétences Numériques, ne lance pas une conférence classique : elle lance un quiz. Et pas le genre où on reste bien assis : les participants sont invités à se lever et se déplacer dans la salle selon la réponse qu’ils pensent correcte. Un petit jeu grandeur nature pour tester les idées reçues sur l’impact du numérique.
Première question :
Combien de matières premières faut-il pour fabriquer un ordinateur portable de 2 kg ? Pose Maeva Leroux.
Dans la salle, les estimations sont toutes divergentes La réponse tombe : 800 kg ! Extraction de métaux rares, transport, transformation… la fabrication représente l’essentiel de l’empreinte environnementale d’un appareil numérique.
Conclusion assez simple :
le geste le plus écologique reste souvent de garder son ordinateur un peu plus longtemps.
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Emails, sites web et data centers : quelques idées reçues tombent…
Le quiz continue avec d’autres chiffres qui font réfléchir la salle, notamment sur les emails.
Quelle part de l’empreinte numérique mondiale représente l’envoi et le stockage des mails ? Maeva Leroux
La réponse ? 1,3 %. Autrement dit, vider sa boîte mail est une bonne habitude mais ce n’est clairement pas le levier principal !
Le gros de l’impact vient surtout :
- de la fabrication des équipements
- des infrastructures numériques
- et des data centers.
Même constat pour les sites web. En Nouvelle-Calédonie, plusieurs milliers de sites existent, mais seule une minorité affiche de bonnes performances environnementales, notamment à cause de pages lourdes, d’images non optimisées ou de vidéos intégrées. L’éco-conception web devient donc un vrai sujet.

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Quand les entreprises passent à l’action
Après cette mise en bouche assez efficace, la soirée entre dans le concret. Plusieurs intervenants viennent partager leurs retours d’expérience autour du numérique responsable.
Premier témoignage : celui du cabinet Ifingo, cabinet de conseil numérique basé en Nouvelle-Calédonie qui nous explique pourquoi le sujet devient de plus en plus stratégique pour les organisations. Deux raisons principales poussent les entreprises à s’y intéresser :
- les évolutions réglementaires
- les appels d’offres publics, qui intègrent désormais des critères RSE.
Autrement dit : pour certaines entreprises, le numérique responsable devient aussi un passage obligé pour accéder à certains marchés. Le cabinet accompagne ainsi des organisations à travers un diagnostic numérique responsable, une sorte d’état des lieux pour identifier les pistes d’amélioration.
Autre retour d’expérience pendant la soirée : celui d’Exodata, acteur de l’hébergement et des data centers dans les territoires ultramarins. Sur scène : Charles Stagnara, ingénieur commercial IT, et Maxime Raymond, RSSI du groupe. L’entreprise est aujourd’hui certifiée Numérique Responsable, une démarche qui vise notamment à mesurer et optimiser l’impact environnemental des infrastructures numériques. Car derrière le cloud, il y a toujours des machines très physiques… et parfois très gourmandes en énergie.
La question énergétique des infrastructures numériques revient également dans l’intervention d’Isabelle Laran, de TotalEnergies Renewables. Elle évoque notamment les enjeux liés au refroidissement des data centers, un poste clé de consommation énergétique. Et certaines solutions explorées peuvent surprendre. Par exemple : immerger les serveurs dans un liquide non conducteur pour mieux dissiper la chaleur et réduire la consommation énergétique. Oui, littéralement !
La soirée donne également la parole au Cluster Open, qui évoque les initiatives autour du réemploi et du reconditionnement des équipements numériques. Une piste importante quand on sait que la fabrication des appareils représente la majorité de leur impact environnemental.
Enfin, la GBNC partage son approche autour de l’optimisation des consommations grâce à la technologie, montrant comment certains outils numériques peuvent aussi contribuer à améliorer l’efficacité énergétique.
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Et comme souvent, les meilleures discussions arrivent à la fin !
Une fois les présentations terminées, les discussions se poursuivent autour d’une collation et d’un moment de networking. Les conversations continuent, les cartes de visite circulent et les échanges se prolongent autour des usages numériques du quotidien. Car si une idée ressort clairement de la soirée, c’est celle-ci : le numérique responsable ne se joue pas uniquement dans les data centers ou les laboratoires de recherche, il commence aussi par quelques décisions très simples dans les entreprises.
Et visiblement, le sujet ne fait que commencer !